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DEUXIÈME PARTIE :
Des champs et des forces
“L’INVESTIGATION DU CROIRE.
PARCOURS ET IMPÉRATIFS
MÉTHODOLOGIQUES.” *
Micheline MILOT
Professeure au Département de sciences religieuses
de l’Université du Québec à Montréal

I. Les perspectives de l’investigation [95]
II. Le parcours de l’entrevue [98]
III. L’entrevue et le statut des données [107]
Annexe. Structure du schéma d’entrevue [112]

L’objectif général de la recherche et son originalité impliquent un double défi méthodologique : soit l’élaboration d’un questionnaire ouvert, mais rigoureux, et la place la plus large possible accordée au discours des acteurs sociaux, avec tout l’intérêt que comporte une telle perspective, mais également avec les risques inhérents à une telle tentative. Il faut bien reconnaître que, dans l’entretien de recherche dans les sciences sociales en général, il n’y a pas que la dimension « contenu » à recueillir : il ne suffit pas d’administrer un questionnaire ; c’est une situation sociale, complexe, comportant de multiples enjeux qu’il faut prendre en considération, car c’est le statut des données qui est en jeu.
Le problème méthodologique que pose l’entretien en regard du statut des données réside principalement en ce qu’il importe d’obtenir à la fois :
- un matériel discursif fiable, c’est-à-dire correspondant effectivement à ce que pense réellement la personne interviewée ;
- un matériel valide, autrement dit, conforme aux objectifs de la recherche.
Le fait est que l’on peut obtenir des données pleinement fiables, mais parfaitement stériles du point de vue des objectifs de la recherche, ou valides, mais avec une absence quasi totale de fiabilité, l’induction de l’interviewer étant trop importante. Bourdieu et Passeron disaient :
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- On peut demander n’importe quoi à n’importe qui, et n’importe qui a presque toujours assez de bonne volonté pour répondre n’importe quoi à n’importe quelle question.
La recherche sociale par mode d’interview s’avère en fait une « situation sociale ». Qu’est-ce qui compose cette situation sociale ?
- un individu joue le rôle d’un questionneur, habituellement mandaté par une institution sociale ; il représente une demande sociale, non une demande privée ; cette situation implique des rôles et des statuts différenciés ;
- il est le demandeur d’entretien auprès d’un autre individu qui quitte temporairement son rôle de citoyen ordinaire pour jouer le rôle d’interviewé ; (à la différence de l’entretien clinique, où celui qui produit le discours est le demandeur de l’entretien) ;
- une relation temporaire se noue, dans un certain contexte, selon les objectifs définis par le chercheur, qui tire habituellement les bénéfices de cette situation.
Tout en étant conscients de la présence incontournable de ces variables inhérentes à la recherche, la perspective de notre étude nous invitait tout particulièrement à donner résolument la parole aux acteurs sociaux, et à infléchir le moins possible leur discours par des préjugés ou pré-conceptions souvent présentes chez les chercheurs dans ce type d’enquête. Une telle place laissée à la parole de l’informateur le situe d’emblée dans un rôle plus valorisant, où sa subjectivité et ses points de vue strictement personnels ont une teneur valorisée par l’interviewer. Cette orientation méthodologique a certainement des conséquences directes sur les résultats obtenus, en l’occurrence, la mise en relief de façon particulièrement éloquente de systémiques de croyances fortement individualistes, l’individu étant moins enclin à fournir des réponses « socialement acceptables ». Nous pensons que la qualité de « fiabilité » des matériaux recueillis réside en bonne partie dans cette optique choisie par l’équipe de recherche.
Un autre aspect, inhérent cette fois-ci au cadre conceptuel de la recherche, a exigé une attention particulière afin de s’assurer de la « validité » du matériel. Le fait est que le terme même de « croyances » est très généralement associé au champ [95] de la religion. Notre structure de mise en situation et de déroulement de l’entrevue, tout en demeurant très souple, devait justement permettre d’éviter une association aussi étroite, afin que ne soient pas élagués du discours des informateurs tous les autres registres de croyances qui étaient englobés dans l’acception du terme pour l’équipe de recherche.
Nous présenterons maintenant successivement les deux grands axes méthodologiques par lesquels nous avons tenté de d’optimaliser la fiabilité du matériel discursif recueilli et sa validité : soit la structure générale du questionnaire et les principaux points d’attention qui ont marqué la formation des interviewers.
I. Les perspectives de l’investigation

Le schéma d’entrevue présenté dans ce document a été élaboré à partir de la définition même de croyances que s’était donnée le groupe de recherche. Dans un premier temps, nous avons dégagé les éléments centraux de la définition afin de permettre de centrer l’attention sur ce qui est un énoncé de croyance par rapport à ce qui ne l’est pas. Ensuite, nous avons procédé à la construction d’un guide d’interview, en sélectionnant les champs discursifs à aborder et précisant les données pertinentes à recueillir.
Les grandes perspectives d’investigation lors de l’entrevue se présentent comme suit :
- 1. une énonciation des croyances de l’interviewé, en stimulant chez celui-ci une exploration des quatre axes retenus par hypothèse de recherche, soit :
- * le religieux
- * le cosmique
- * le moi
- * le social
- 2. les effets mobilisateurs des croyances chez l’interviewé ;
- 3. le degré de certitude accordé aux croyances énoncées ;
- 4. l’enracinement des croyances ;
- 5. les fonctions de ces croyances.
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L’esquisse d’entrevue proposée fait état d’un ensemble détaillé de perspectives à explorer. Les aspects mentionnés correspondent à une logique de questionnement et d’écoute ; l’ordre de présentation n’entend pas ici correspondre aux étapes successives du déroulement de chaque entrevue réalisée, mais correspond à l’ensemble des thèmes couverts par chacune. De même, les formulations des questions présentées le sont à titre de suggestion.
L’ensemble du document a été préparé dans le but de fournir un outil de travail directement utilisable par les interviewers. On y retrouve à la fois l’explicitation des diverses perspectives à explorer et le langage même que devaient employer tous les interviewers, afin de minimiser les écarts d’induction d’un interviewer à l’autre. Le lecteur pourra ainsi avoir accès à l’une des variables méthodologiques centrales, soit l’induction incitative de la production discursive demandée.
Pour chaque domaine à explorer dans l’entrevue, des questions-types sont proposées à titre indicatif seulement. Le déroulement de chaque entrevue pouvait amener l’interviewer à moduler la question pour qu’elle s’ajuste au contexte de l’échange.
Le schéma présuppose une bonne connaissance du cadre théorique général de la recherche et une préparation à la technique de l’entrevue. À cet effet, des sessions de formation ont préparé tous les interviewers pour ce qui a trait à chacun de ses aspects.
- 1. Éléments centraux de la définition de « croyances »
retenus pour leur portée opérationnelle

Pour qu’un énoncé soit retenu comme correspondant au concept de croyance défini par l’équipe de recherche, deux propriétés devaient pourvoir être repérées simultanément dans la teneur du discours des informateurs. Ces propriétés s’avèrent des « indicateurs opérationnels » permettant de vérifier les éléments centraux de notre définition :
a. l’énoncé de croyance se rapporte à une réalité non-démontrable, par exemple
- * l’intervention de Dieu ;
- * l’influence des astres ;
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- * le pouvoir mental sur la matière ;
- * la force du mal inhérente à la vie sociale.
Il est essentiel, comme propriété, que l’objet de croyance ne renvoie pas à la logique de la preuve rationnelle, de type scientifique ; toutefois, il faut bien reconnaître que très souvent, du point de vue du croyant, l’objet de croyance est affirmé sous le mode de l’évidence première, voisinant ainsi chez lui la logique de la preuve. Cependant, en définitive, c’est à la certitude, à la conviction ou, autrement dit, à l’assurance morale que recourt le sujet qui donne ainsi « créance » à une réalité qui s’avère non-démontrable par la rigueur des règles de la démonstration scientifique.
une existence objective est reconnue ou attribuée (implicitement ou explicitement) à ce qui est objet de croyance. C’est ce qui explique que les croyances soient « mobilisatrices pour les sujets qui les mettent en scène » : le comportement est fonction de cet « existant objectif », auquel on attribue une capacité d’intervention, un pouvoir, une force, une énergie. Par exemple :
- Dieu comme être personnel ou énergie, en communication avec nous ;
- l’influence des astres sur nos vies, indépendamment de notre volonté ;
- la volonté qui peut tout ;
- la certitude que le social est une force qui évolue vers un monde meilleur, par l’action de tous les humains.
Si le comportement est fonction des attributs reconnus à l’objet de croyance, le type de mobilisation et l’explicitation de l’impératif auquel il répond deviennent des indicateurs permettant de repérer les caractéristiques attribuées à cet objet de croyance par le sujet qui y adhère.
Les croyances se distinguent ainsi des valeurs ou opinions, dont les fondements ne sont pas plus démontrables, mais auxquelles n’est pas attribuée une existence objective : elles relèvent de l’arbitraire, et même si elles peuvent s’avérer très importantes dans la vie de l’individu, on peut en reconnaître la relativité.
[98]
Une valeur peut cependant devenir objet de croyance, dès que le sujet lui attribue ce statut d’existence objective, par exemple, « l’amour peut tout et aura raison de tout un jour ».
- 2. Échantillon
Cent cinquante personnes, âgées entre dix-huit et quatre-vingt quinze ans, ont été interviewées. Nous avons veillé à maximiser la différenciation des critères sociologiques (revenus, scolarité, secteur de travail, etc.). La répartition d’hommes et de femmes interrogés est sensiblement équivalente. Les informateurs ont été choisis au hasard à travers toute la région du grand Québec-métro (ville de Québec et régions avoisinantes).
II. Le parcours de l’entrevue
- 1. Préambule

Il est préférable que l’interviewé ait été contacté par l’interviewer lui-même ; des indications générales doivent déjà avoir été données à l’interviewé : objectif de la recherche, durée de l’entrevue, présence d’une deuxième personne prenant des notes écrites afin de faciliter le dialogue entre l’interviewer et l’informateur (ces notes permettront, en outre, à la fin de l’entrevue, de faire un reflet synthèse à l’informateur pour qu’il puisse, le cas échéant, compléter ou corriger ce qui aura été retenu).
Au début de la rencontre, l’interviewer donne quelques coordonnées le concernant de même que le groupe de recherche, en précisant l’utilisation qui sera faite des données de l’entrevue.
- 2. Discours de mise en situation [1]
- a. Objectif

Notre objectif est de brosser le paysage des croyances des Québécois.
- b. La signification du terme « croyance »
Situons d’abord un peu ce qu’on entend par « croyance », pour les fins de la recherche.
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C’est un processus de lecture de la réalité ; une façon de voir, de comprendre la vie et le monde que l’on adopte, et à laquelle on recourt plus ou moins consciemment pour expliquer certains événements de la vie, fonder son action ou ses choix, etc.
- (note pour l’interviewer : ne pas induire ici de qualificatifs trop explicites tels : « les croyances, c’est ce qui est “important” dans votre vie », car ce type d’induction risque d’exclure tout un registre de croyances qui, sans être à prime abord importantes dans la vie de l’individu, n’en existent pas moins chez lui).
Pour nous (le groupe de recherche), le mot croyance n’est pas seulement associé aux croyances religieuses. Nous retrouvons des croyances dans tous les domaines de l’existence. Chacun de nous les reçoit du milieu, opère une sélection dans ce qu’il reçoit et les agence à sa manière.
- c. Notre intérêt
Notre intérêt est de repérer avec vous vos propres croyances, d’explorer les différents registres de votre vie où vous pouvez en avoir, de voir quel agencement vous en faites, et quel impact elles ont dans votre vie.
Nous supposons que, même si vos croyances sont plus ou moins clairement conceptualisées pour vous, l’énonciation est quand même possible, l’entrevue pouvant vous permettre justement de les clarifier.
- d. Niveau de la recherche
Nous ne voulons pas cependant procéder à une introspection ni à une analyse de ce que vous considérez comme relevant de votre stricte intimité.
Nous n’évaluons absolument pas votre discours : il n’y a pas de bonne ni de mauvaise réponse. Ce qui compte pour nous, c’est que vous représentez un type d’agencement de croyances qui nous intéresse comme tel.
- e. Technique de cueillette de données
Nous entreprenons une conversation, un échange libre d’environ une heure à une heure et demie. Je pourrai vous arrêter pour vous inviter à développer davantage tel point particulier, vous poser des questions plus précises ou pour vous [100] demander d’établir des liens entre des points que vous aurez mentionnés auparavant.
Deux techniques de conservation des matériaux ont été prévues. Mon (ma) collègue fera une prise de notes écrites, qui va nous permettre à la fin de vous faire un reflet de ce que nous avons conservé comme essentiel, face auquel vous pourrez réagir, à savoir si vous vous y reconnaissez ou pas. Vous pourrez alors nous corriger.
L’enregistrement sur cassette sera conservé pour référence ultérieure afin d’assurer la bonne compréhension des notes écrites.
- f. Consentement
Si, en cours ou à la fin de notre échange, vous souhaitez que le contenu n’en soit pas conservé, nous vous redonnons la cassette et les notes, et tout va rester entre nous.
Les informations nominatives ne sont pas conservées, pour assurer la confidentialité dans l’analyse des données.
- 3. L’énonciation des croyances par le répondant2
- a. Question stimulus

Le stimulus de départ doit être assez large, du type :
Qu’est-ce que ça évoque chez vous le mot « croyances » ?
En avez-vous ? Êtes-vous capable de les nommer ?
Dans un premier temps, l’interviewer doit laisser l’informateur déployer spontanément sa propre acception du terme « croyance » ou ses énoncés de croyances, ce qui permettra de cerner dans quel cadre discursif s'oriente l'informateur.
Si le répondant exprime sommairement : « Je ne crois en rien, je n’ai aucune croyance... », il convient d’essayer de sonder ce qu’il pense d’un certain nombre de croyances que l’interviewer évoque lui-même, ce qui peut alors inviter l’informateur à élaborer davantage sur sa propre conception de la croyance qui se restreint peut-être à un seul champ sémantique (telle la religion).
[101]
- b. Exploration des quatre axes hypothétiques
Il faut veiller à stimuler chez le répondant une exploration plus approfondie des registres de croyances couverts spontanément au départ par celui-ci, et une exploration des registres de croyances non abordés. C’est dire que si, pour ce répondant, le terme « croyance » ne recouvre explicitement que l’univers religieux, l’informateur devra veiller à explorer quand même les autres polarités, de façon à rendre manifeste tout ce qui peut constituer son univers de croyances. Voici des questions-types pouvant favoriser cette exploration.
* Le religieux
- Existe-t-il des mondes ou des êtres surnaturels ?
- Quels types de rapports avec nous ces êtres ont-ils ? Croyez-vous que Dieu ou des dieux existe(nt) ?
- Qu’est-ce que vous croyez possible d’en dire ?
- Que pensez-vous à propos de l’origine du monde ?
* Le cosmique
- Croyez-vous que le cosmos a un rapport avec vous, avec votre vie ? Lequel ? (Astrologie - cycles planétaires - ...) Existe-t-il des êtres vivants ailleurs dans l’univers ?
- a-t-il des influences extérieures à nous ?
* Le moi
- Quelles sont selon vous les limites de vos capacités ? de votre liberté ? de votre volonté ?
- Croyez-vous que quelqu’un qui veut peut tout ?
- Est-ce très important la réalisation de vous-même ? Qu’est-ce qui est prioritaire : vous ou les autres ?
- Croyez-vous que nous ayons des forces intérieures que l’on peut faire intervenir dans notre existence ou celle des autres ?
* Le social
- Que pensez-vous de la société ?
- Quel type d’avenir peut avoir notre type de société ?
- a-t-il des forces qui agissent dans la société sans que nous n’y puissions rien ?
- Les humains naissent-ils égaux ? Comment l’expliquez-vous ? Sur quoi fondez-vous vos choix relationnels ?
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- 4. Les effets mobilisateurs des croyances [2]
- a. La nature des comportements inférés par les croyances

* Les comportements perçus par le répondant comme découlant directement des énoncés qu’il considère comme de la croyance.
Y a-t-il des choses que vous faites et que vous ne feriez pas si vous ne croyiez pas à telle ou telle réalité ?
* Les comportements découlant des objets de croyances tels que délimités par l’interviewer. (Une première délimitation dans le matériel brut est effectuée par l’interviewer, et l’investigation porte sur ce qui semble le plus correspondre à des comportements reliés aux énoncés spécifiques de croyance).
Comment telle croyance que vous m’avez énoncée influence-t-elle votre vie ?
- b. La qualité de la mobilisation
* Les types de mobilisation : recherche et évaluation avec le répondant des registres d’expérience touchés par ses croyances : vie affective, identité, registre intellectuel, signification de l’existence, engagement social, religieux, politique ou économique.
Quelles sont les registres de votre vie qui sont les plus touchés par vos croyances ?
* Le degré de mobilisation : jusqu’à quel point le répondant tenterait-il de maintenir son comportement en adéquation avec sa croyance ?
Jusqu’à quel point maintiendriez-vous votre comportement ou votre attitude ? (mort ? perte d’un ami ? scandale public ?)
- c. Les résultats, expérimentés
ou espérés, de cette mobilisation
* Les résultats expérimentés de cette mobilisation : recherche d’événements ou d’expériences indiciaires (il ne s’agit pas encore ici d’une évaluation des « fonctions » des croyances). Le postulat implicite est le suivant : les croyances se vérifient dans [103] la pratique, autrement dit, la validité psychologique d’une croyance repose sur une certaine valeur empirique.
Y a-t-il des événements de votre existence ou dans votre environnement qui vous confirment dans ce que vous croyez ?
* Les espérances qui se greffent aux croyances : les résultats escomptés de ce en quoi on croit.
Que croyez-vous que vos croyances peuvent vous apporter ?
- d. L’impact de la mobilisation
sur la certitude accordée à l’objet de croyance
* Effet appréhendé d'une absence de mobilisation par rapport à ce qui fait objet de croyance (il s’agit ici d’un processus de contre-vérification de l’évaluation de la qualité de la mobilisation et de l’impact de la croyance sur celle-ci).
- Que se passerait-il, selon vous, si vous agissiez de façon contraire à ce que vous croyez ? (procéder par un exemple déjà mentionné durant l’entrevue).
- À quels indices vous apercevez-vous que vous agissez en cohérence avec ce que vous croyez ?
* L’impact de l’attitude des autres en regard des croyances auxquelles adhère le répondant et sur la mobilisation conséquente : le répondant se situe ici lui-même par rapport à ce que partage le groupe ; ou situe le groupe auquel il appartient par rapport aux autres. Ceci permet de vérifier si le besoin d’identification et d’appartenance joue un rôle dans le système de croyances auquel l’individu adhère.
- Est-ce que les autres (à faire définir par l’informateur) croient à la même chose que vous ? Est-ce qu’ils agissent en conséquence ?
* Conséquences de l'attitude différente de la sienne adoptée par les autres : jusqu’à quel point la force inhérente octroyée à ce qui fait objet de croyance, peut agir et se voir attribuer un caractère objectif, au point d’avoir, selon la croyance du répondant, un impact sur l’environnement.
- Ceux qui ne croient pas à telle ou telle croyance et donc qui n’agissent pas conséquemment en fonction de cette croyance, qu’est-ce qui peut en découler pour eux ?
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- 5. La certitude accordée aux énoncés de croyances
- a. Qualité de la certitude : congruence interne

* Fondement de la certitude ou ce à quoi se réfère le répondant pour fonder sa croyance : référence à l’expérience ; référence à une autorité (témoin chef, tradition, historicité, groupe d’appartenance) ; référence à un « croire-savoir », c’est-à-dire une croyance vécue sous le mode d’un savoir objectif de type scientifique). Le type d’autorité fondatrice est, dans notre cadre théorique, l’un des révélateurs des transformations des systèmes de croyances ou, au contraire, de leur stabilité structurelle.
Qu’est-ce qui vous rend certain que ce en quoi vous croyez est vrai ?
Avez-vous des indices qui vous renforcent là-dessus ?
* Échelle de certitude : les différents énoncés de croyances ne comportent pas tous nécessairement le même degré de certitude chez le croyant. La certitude étant soumise aux mouvances des événements de la biographie de l’individu (lectures, épreuves, réseau relationnel...), il s’avère significatif de mettre en relation le degré de certitude octroyée à une croyance et le type de mobilisation qui y est associé. L’échelle permet, en outre, de repérer si certaines croyances sont plus nodales et, par conséquent, structurellement organisatrices de l’ensemble de la systémique de croyances de l’individu.
- Pouvez-vous situer sur une échelle allant de « certitude absolue » à « doute » les différentes croyances que vous avez énoncées ?
ou
- Pouvez-vous classer vos énoncés de croyances par ordre, en partant de ceux dont vous avez une certitude absolue ?
- b. Qualité de la certitude : congruence externe
* Épreuve mentale de commutation : imaginer l’invraisemblable ou le négatif de ses croyances est une technique psychologique permettant de sonder le degré de certitude à l’égard d’un objet. Les arguments particulièrement défensifs sont souvent un indice de l’attachement à la croyance en cause.
- Pouvez-vous imaginer que telle croyance que vous m’avez nommée est fausse ? Que ça n’existe pas ?
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* La certitude « versus » le fait que la croyance soit ou non partagée par d'autres : il s’agit ici de vérifier l’effet sur le degré de certitude du fait que sa propre croyance soit ou non partagée par la majorité ou une minorité affectivement significative pour le répondant.
- Qu’est-ce que cela veut dire selon vous que telle ou telle croyance ne soit pas partagée par tous ?
- Comment expliquez-vous cela ?
* La résistance affective à la contradiction comme indice de certitude : selon les lois de la psychologie sociale, ce qui fait objet d’adhésion ferme sera défendu avec émotion s’il rencontre un obstacle, structurel ou psychologique.
La méthode la plus appropriée ici est l’histoire-situation, articulée à partir de l’un des éléments centraux énoncés par l’informateur et mettant indirectement en péril un lieu de certitude chez lui.
- 6. L’enracinement (provenance) des croyances

a. Au regard de chaque énoncé, il s’agit de dégager comment le répondant associe l’énoncé de croyance à un contexte historique personnel d’où il puise sa croyance (genèse). Ceci permet de distinguer les ancrages historiques différenciés qui peuvent, en partie, expliquer la plus grande persistance de certaines croyances par rapport à d’autres : les croyances ancrées plus profondément dans la biographie de l’individu devraient, théoriquement, résister davantage aux mouvances de l’histoire personnelle.
- Pouvez-vous vous rappeler d’où vous provient telle croyance ? Comment en êtes-vous arrivé à croire à telle chose ?
- Vous rappelez-vous à quels moments de votre histoire personnelle se sont inscrites ou dissoutes telles ou telles croyances ?
b. Évolution de la croyance : le répondant perçoit-il un changement entre la source de sa croyance et l’état de l’énoncé aujourd’hui ?
- Est-ce que à l’intérieur de votre croyance, il y a des choses qui se sont modifiées au fil des ans ?
- À quelles occasions et en quel sens ?
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c. Facteurs d’évolution : stimulus ou événement ayant infléchi le contenu des croyances (tel que le perçoit spontanément le répondant ; certains facteurs « non-conscients » pourront se révéler à l’analyse).
- Qu’est-ce qui a suscité ces modifications, selon vous (expériences, rencontres) ?
- 7. Les fonctions des croyances

a. Registres de l’expérience où se manifeste la fonctionnalité des croyances : on peut faire l’hypothèse que certaines croyances sont dysfonctionnelles, d’autres a-fonctionnelles, enfind’autres fonctionnelles. C’est l’analyse qui est le plus en mesure d’évaluer la fonctionnalité à partir des motifs pour lesquels le répondant considère telle ou telle croyance importante.
C’est important pour vous telle croyance...pourquoi ?
Qu’est-ce que cela vous apporte dans votre existence quotidienne ?
(Registres hypothétiques : les critères d’attribution de l’importance des croyances peuvent se situer :
- dans le rapport à soi : effet au corps, sens à la vie, promotion personnelle, engagement ;
- dans le rapport au social : projet collectif, appartenance ;
- dans le rapport au cosmos : genèse de la matière, renforcement énergétique, organisation du monde ;
- dans le rapport au religieux : foi, volonté divine).
b. Portée (envergure ou intensité) de la fonctionnalité : on peut faire l’hypothèse que certaines croyances englobent les différents registres d’existence de l’individu, alors que la fonction des autres concerne des enjeux très délimités.
- Disposition graphique sur une échelle ou énonciation verbale par le répondant.
c. Centralité des croyances : le répondant essaie d’identifier quelles sont les croyances les plus centrales dans sa vie, les plus directement liées au sens de son existence, à son bonheur, par rapport à des croyances qu’il considère comme étant plus périphériques ou secondaires.
- Disposition graphique sur papier ou énonciation.
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III. L’entrevue et le statut des données

Sous-tendant tous les éléments manifestes de la structure d’un questionnaire d’entrevue, l’interviewer doit connaître et savoir considérer au moins quatre types de facteurs qui interviennent dans cette quête d’un savoir, à révéler ou à dévoiler, soit les facteurs liés à la situation, à l’interviewer, à l’interviewé et au langage structurant l’entrevue. Nous ne ferons qu’identifier ici les différentes composantes de ces facteurs qui ont été largement considérés et pris en compte lors de la formation des interviewers pour cette recherche.
- 1. Les facteurs liés à la situation de l’entrevue

Les facteurs liés à la situation comportent le « lieu » où se déroule l’entretien qui, surtout dans une recherche visant à connaître une partie de la vision du monde des gens, n’est pas sans effet. Il faut essayer d’accorder le but de l’étude et les lieux de l’entretien, dans la mesure du possible.
Le « temps » réel dont dispose l’informateur délimite chez celui-ci l’espace discursif qu’il consentira à déployer ; par conséquent, il importe de prendre soin d’annoncer la durée de l’entretien avant, dès le contact premier. Enfin, l’institution à laquelle est rattaché le chercheur-interviewer a souvent un impact sur le discours produit, compte tenu de la représentation sociale associée aux différentes institutions : un interviewer d’une maison anonyme de sondage d’opinions ne produit pas le même impact discursif qu’un chercheur universitaire.
- 2. Les facteurs liés à l’interviewer

Parmi les facteurs liés à l’interviewer, signalons tout d’abord ses attentes face à la recherche et aux réponses de l’informateur. Par exemple, sa propre conception de la recherche pourra infléchir les données recueillies. On a dénoté, entre autres, chez certains interviewers, des attentes de « cohérence » objective dans les réponses suscitées. L’informateur qui détecte chez l’interviewer ce type d’attentes se sentira évalué, risquant ainsi de fournir des réponses qui tendront à être conformes à l’idée qu’il se fait du point de vue de l’interviewer. Souvent, la tendance [108] à fournir des réponses « socialement désirables », ou même 1’« absence » de réponse, auront une fonction de protection pour l’informateur.
Le cadre de référence implicite de l’interviewer intervient aussi et mérite de la part de celui-ci une certaine « ascèse », afin d’éviter que les réponses recueillies soient davantage le reflet de ses propres expériences, convictions morales, religieuses, politiques, ou encore de ses idéologies personnelles et de ses opinions. Il est facile d’imaginer le type d’inférence que peut produire un interviewer qui considère que l’astrologie, les cristaux et la sorcellerie sont des balivernes, interrogeant un informateur qui croit fermement et passionnément à ces phénomènes ! (Ainsi, le chercheur américain Rice avait démontré qu’un socialiste et un démocrate menant des recherches sur les causes de la déchéance sociale vont arriver à des résultats tout à fait différents...).
- 3. Les facteurs liés à la situation de l’informateur

Pendant l’entrevue, c’est l’interviewé qui est maître du discours, c’est son cadre de références qui doit avoir prédominance sur celui du chercheur. Celui-ci n’est maître que du cadre de la communication, afin qu’il se situe à l’intérieur des objectifs de la recherche.
Les facteurs liés à l’interviewé et intervenant dans la production discursive de celui-ci doivent aussi être considérés par l’interviewer, car ils interviennent tout autant que ceux liés à ce dernier. La perception ou l’image qu’a l’informateur de l’interviewer joue au premier plan. Il est nécessaire que l’informateur puisse rapidement se référer à une image claire de l’interviewer, en ayant un ensemble suffisant d’indices réels sur la situation objective de ce dernier, l’imprécision à ce niveau pouvant refréner l’énonciation. Il faut considérer le fait que l’informateur est dans un état de mésinformation face à celui qui lui soutire toute une série d’informations qui, au surplus, le concernent directement. On note aussi que la relation d’identité ou de proximité entre informateur et interviewer est un facteur agissant sur la facilité d’énonciation.
[109]
L’interview peut parfois devenir le support d’une réactualisation fantasmatique chez l’informateur, particulièrement quand les croyances énoncées sont associées à des réalités affectives importantes pour lui. Le fait n’est pas néfaste s’il est repéré et contrôlé pour permettre la production d’un discours qui ne diverge pas trop de l’objectif de la recherche : il faut alors montrer des signes d’intérêt pour le discours, tout en focalisant sur des points plus pertinents (cf. supra : maîtrise de la communication). Le cadre de références langagier habituel de l’informateur, ses connaissances préalables, les concepts utilisés par l’interviewer sont autant d’éléments qui infléchissent aussi le discours produit par les stimuli propres au cadre de la recherche.
Notons que pour l’informateur, la pertinence du thème par rapport à ses préoccupations du moment et l’importance que représente pour lui le thème de la recherche au moment de l’enquête ne sont pas négligeables. La motivation à collaborer à l’enquête (pouvant dépendre du « contrat » établi entre chercheur et informateur) est un élément moteur de la production discursive : elle peut être confuse au départ, ou se présenter comme un besoin d’avoir une oreille attentive, comme un plaisir narcissique à se dire, ou encore celui d’arriver par ce mode d’échange à une clarification de sa propre pensée, et même de maintenir à un niveau acceptable l’estime de soi. Ce sont là des éléments motivationnels qui parfois, à eux seuls, pourront faire toute la différence entre une entrevue « réussie » et une entrevue « ratée ». Une saisie adéquate de ce jeu des motivations peut aider à comprendre la fluctuation dans la production langagière.
Enfin, les remarques que l’on entend habituellement de la part des informateurs lors des entrevues doivent faire l’objet d’une grande attention de la part du chercheur. Par exemple :
- « Vous pourrez couper ce qui ne vous intéresse pas », pour dire au fond : « Est-ce que ça fait votre affaire ce que je vous dis ? Est-ce que je corresponds bien à ce que vous attendez de moi ? »
- « Les jeunes comme vous, vous ne devez plus croire à ces affaires-là »... pour signifier au fond : « Est-ce que vous me trouvez dépassé d’adhérer encore à de telles croyances ? » (mise en cause de l’estime de soi de l’informateur).
[110]
- « Est-ce que c’est bien ce que vous voulez que je vous dise » ? (ce qui peut être un indice que la perception de son rôle d’interviewé n’est pas précise).
- 4. Les facteurs liés à l’interaction dans la communication

Un quatrième ordre de facteurs est celui lié à l’interaction dans la communication langagière. On distingue deux types de messages : ceux qui sont des indices permettant à l’informateur de situer l’interviewer ; et ceux ayant un rapport direct à la signification propre à la recherche. Les premiers doivent habituellement être clairs dès le début de l’entretien. Les seconds devront présenter les qualités suivantes : la possibilité de faire référence à un code commun ; être accessible pour le niveau langagier de la personne interrogée ; permettre une réponse personnalisée et ouverte ; être conforme aux objectifs définis lors du début de l’entrevue.
- 5. Les styles d’intervention

Nous terminons cette section en présentant les différents modes d’intervention qui ont été utilisés par nos interviewers.
a. Le monde « déclaratif » : utilisation d’expression brèves, marquant l’intérêt pour ce qui est dit, la compréhension, et le désir de voir le discours se poursuivre. Par exemple : « Voici comment je vous vois »...« Vous me semblez être quelqu’un pour qui sa croyance en Dieu a une grande importance dans sa vie de tous les jours »...
Ce mode permet généralement que le sujet se sente compris et évite le danger de glisser facilement dans l’interprétation et de produire l’effet contraire à celui désiré.
b. Le mode « réitératif » : utilisation du procédé « miroir », permettant de relancer la parole, en vérifiant ce que l’on comprend. Par exemple : « Voici ce que je comprends de ce que vous me dites... ». On procède ici par l’encouragement à approfondir l’idée exprimée et par des reformulations.
On utilise ce mode habituellement au début de l’entrevue, quand on n’a pas encore une image d’ensemble de l’univers de représentations de notre informateur. Il faut cependant éviter de tomber dans l’« écholalie », qui aboutit souvent à des réactions [111] négatives de la part de l’interviewé, qui peut interpréter ces réactions comme une écoute mécanique et superficielle.
c. Le mode « interrogatif » : il s’agit de demandes explicites, le plus souvent pour relancer le discours sur un aspect du thème ou sur un nouveau thème. Par exemple : « Pouvez-vous m’en dire plus sur tel aspect ? », « J’aimerais savoir ce que vous pensez de tel phénomène ». On évitera toutefois de verser dans le style inquisitorial qui bloque en général l’informateur et ne provoque bien souvent que des réponses brèves ou défensives.
d. Le mode plus « dialogal », selon lequel l’interviewer peut même livrer une indication sur sa propre expérience en rapport avec le thème discuté, permet parfois de faciliter la complicité souvent nécessaire à l’entretien plus approfondi (contrevenant ainsi à l’obstacle de la mésinformation dans laquelle se retrouve l’informateur). Ce procédé permet, en outre, d’éviter le rôle d’inquisiteur, de soutireur d’information, mais l’intervention doit être très brève, absente de polémique et de jugement de valeur.
e. Enfin, le langage non-verbal peut inviter la personne à continuer son discours : regard attentif, signes de tête affirmatifs, etc.
* * *
Il est à noter que le support technique de l’équipe de recherche a été constitué des enregistrements sonores de chaque entrevue et de la transcription in extenso de chacun d’eux. Ces données brutes ont été saisies dans une banque informatisée, comportant les quatre axes retenus par hypothèse de recherche, et les différentes rubriques qui ont fait l’objet d’investigation, de façon à permettre un traitement synoptique des champs sémantiques exprimés par tous les informateurs.
[112]

L’énonciation des croyances par le répondant
Question stimulus
- Qu’est-ce que ça évoque pour vous le mot « croyances » ?
- En avez-vous ? Êtes-vous capable de les nommer ?
Exploration des quatre polarités
a. Le religieux
- Existe-t-il des mondes ou des êtres surnaturels ?
- Quels types de rapports ont-ils avec nous ?
- Croyez-vous que Dieu existe ?
- Que croyez-vous possible d’en dire ?
- Que pensez-vous à propos de l’origine du monde ?
b. Le cosmique
- Croyez-vous que le cosmos a un rapport avec vous ou dans votre vie ? Lequel ?
- Existe-t-il des êtres vivants ailleurs dans l’univers ?
c. Le moi
- Quelles sont, selon vous, les limites de vos capacités ? de votre liberté ? de votre volonté ?
- Croyez-vous que quelqu’un qui veut peut tout ?
- Croyez-vous que nous ayons des forces intérieures que nous pouvons faire intervenir dans notre vie ou celle des autres ?
d. Le social
- Que pensez-vous de la société ?
- Quel type d’avenir peut avoir notre type de société ?
- Les humains naissent-ils égaux ?
- Y a-t-il des forces agissantes dans la société et que l’on ne peut contrer politiquement ou autrement ?
- Sur quoi fondez-vous vos choix relationnels ?
Les effets mobilisateurs des croyances
Comportements inférés
a. Perçus par le répondant
- Y a-t-il des choses que vous faites et que vous ne feriez pas si vous ne croyiez pas à telle ou telle réalité ?
[113]
b. Délimités par l’interviewer
- Comment telle croyance influence-t-elle votre vie ?
Qualité de la mobilisation
a. Types de mobilisation
- Quelles sont les registres de votre vie qui sont le plus touchés par vos croyances ?
b. Degré de mobilisation
- Jusqu’à quel point maintiendriez-vous votre comportement ou attitude ? (mort ? perte d’un ami ? scandale public ?)
Résultats expérimentés ou escomptés
a. Résultats expérimentés
- Y a-t-il des événements de votre existence qui vous confirment dans ce que vous croyez ?
b. Espérances
- Qu’est-ce que vous espérez que cela va vous apporter ?
Impact de la mobilisation sur la certitude octroyée à l’objet de croyance
a. Épreuve mentale de non mobilisation
- Que pourrait-il se passer si vous agissiez de façon contraire à ce que vous croyez ?
b. Attitudes des autres
- Est-ce que les autres croient à la même chose que vous ?
c. Conséquence d’une attitude différente
- Ceux qui ne croient pas à ... et donc qui n’agissent pas en conséquence, qu’est-ce qui peut en découler ?
La certitude accordée aux énoncés de croyances
Qualité de la certitude : congruence interne
a. Fondement de la certitude
- Qu’est-ce qui vous rend certain que ce en quoi vous croyez est vrai ?
- Avez-vous des indices qui vous renforcent là-dessus ?
b. Échelle de certitude
- Pouvez-vous classer vos énoncés de croyances sur une échelle, allant de la certitude absolue au doute ?
Qualité de la certitude : congruence externe
a. Commutation mentale
- Pouvez-vous imaginer que telle croyance que vous m’avez nomnée soit fausse ? Que ça n’existe pas ?
[114]
b. Certitude versus croyance non partagée
- Qu’est-ce que ça veut dire, selon vous, que telle croyance ne soit pas partagée par tous ? Comment expliquez-vous cela ?
c. Résistance à la contradiction
- Histoire-situation mettant indirectement en péril un lieu de certitude pour le répondant.
Enracinement (provenance) des croyances
a. Contexte historique
- Pouvez-vous repérer d’où vous proviennent vos croyances ?
b. Évolution
- Est-ce que à l’intérieur de votre croyance, il y a des choses qui se sont modifiées au fil des ans ?
c. Facteurs d’évolution
- Qu’est-ce qui a suscité ces modifications, selon vous ?
d. Ancrages historiques différenciés
- Pouvez-vous classer vos croyances par ordre d’ancienneté ?
Fonctions des croyances
a. Registres de l’expérience
- Que vous apporte telle croyance dans votre existence quotidienne ?
b. Portée ou envergure
- Il n’y a pas ici de question directe, mais une attention à : « de très englobantes ou plus délimitées.
c. Centralité
- Pouvez-vous classer vos croyances, en commençant par les plus centrales dans votre vie (disposition graphique sur papier) ?
* Cette présentation couvre la dimension empirique centrale de la recherche, à laquelle se rattachent plusieurs articles du présent ouvrage (Milot, Leboeuf, Guindon et Richard, Lemieux). Il faut toutefois noter que les perspectives analytiques diffèrent selon les appartenances disciplinaires de chaque auteur. Les autres méthodologies particulières empruntées au sein du projet de recherche pour la cueillette d’autres matériaux sont présentées dans chaque article particulier (Richard et al.. Bouchard, Couture, Shiose et Zylberberg).
[1] Il s’agit ici du texte fourni aux interviewers.
[2] Diverses transactions sont possibles entre croyances et mobilisation. Il peut y avoir :
* croyance et mobilisation
* croyance sans mobilisation
* non-croyance et non-mobilisation
* non-croyance et mobilisation
[3] Nous rappelons qu’il s’agit ici de perspectives à explorer et de suggestions de formulation, et non pas d’un questionnaire fermé et exhaustif.
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