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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une édition électronique réalisée à partir du texte de Marcel Fournier, “La recherche au Québec: défis et perspectives d'action.” In ouvrage sous la direction de Pierre Lanthier et Guildo Rousseau, La culture inventée. Les stratégies culturelles aux 19e et 20e siècles, chapitre 18, pp. 329-346. Québec: L’Institut québécois de recher-che sur la culture, 1992, 369 pp. [La responsable de l’administration et de la commercialisation des Presses de l’Université Laval, Mme Mélissa Côté, ainsi que Pierre Lanthier nous ont confirmé le 22 septembre 2025 leur autorisation pour la diffusion en libre accès à tous et en texte intégral de ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]

[329]

La culture inventée.
Les stratégies culturelles aux 19e et 20e siècles.

Quatrième partie : Quelles stratégies pour le Québec de demain ?
Chapitre 18

La recherche au Québec :
défis et perspectives d’action
.”

Marcel FOURNIER

Coincée entre l'immense système universitaire américain et la nouvelle dynamique communautaire en Europe, mal intégrée aux réseaux scientifiques canadiens-anglais, faiblement reliée au monde de l'entreprise et souvent mal aimée des gouvernements, la recherche universitaire québécoise apparaît en position de fragilité. Elle ne peut conserver un rôle actif et central en recherche qu'à la condition de réévaluer sa mission, de faire des choix et d'élaborer de nouvelles stratégies.

Ces choix et ces stratégies s'inscrivent aujourd'hui dans un nouvel environnement international de la recherche dont il faut bien connaître les contraintes et les possibilités de développement. Partant d'une réflexion sur le rôle de l'université, nous présenterons une vue d'ensemble des politiques de la recherche universitaire dans différents pays pour ensuite analyser les principaux enjeux auxquels seront confrontés dans les prochaines années les chercheurs et les administrateurs. D'un côté, les défis et de l'autre, les perspectives d'action.

VUE D'ENSEMBLE

Au cours des cinquante dernières années, la science a fait d'importants progrès, elle a aussi établi de nouvelles relations avec les champs politique et économique. Ses conditions d'exercice se sont profondément [330] transformées : complexité croissante et coût élevé des techniques de recherche, des appareils et de l'infrastructure ; mise sur pied de grandes équipes de recherche et de réseaux ; apparition de la notion de « recherche stratégique » ; possibilités d'exploitation pratique des résultats de recherche ; influence grandissante de facteurs transnationaux sur les politiques scientifiques nationales [1].

La situation d'ensemble est ici plus importante que chacun de ses éléments. Il ne s'agit pas d'une série de changements indépendants mais du passage d'un système à un autre. La science ou le système de recherche comprend un complexe d'idées, de personnes et d'institutions qui ne peuvent plus être isolées de leur environnement politique, économique, scolaire et culturel. Nous vivons dans une science-based, high technology society. D'ailleurs dans le domaine des politiques scientifiques, il est aujourd'hui impossible de parler de recherche universitaire sans parler de politiques de formation de main-d'œuvre, de politiques d'innovation ou même de politiques industrielles et sociales.

L'avenir de la recherche est aussi inséparable de la place qu'occupe l'université dans le système de l'enseignement et de la recherche et des missions qui lui sont attribuées. Ces missions sont nombreuses et diverses : 1) assurer un enseignement postsecondaire général ; 2) développer la recherche et la culture ; 3) satisfaire les besoins d'une main-d'œuvre dans une « société du savoir » ; 4) dispenser un enseignement et une formation spécialisés de haut niveau ; 5) renforcer la compétitivité de l'économie ; 6) offrir la possibilité de mobilité sociale ; 7) implanter divers services dans les régions et les localités ; 8) préparer des jeunes à assumer des rôles dirigeants au sein de la société [2].

Pour chacun des pays, les enjeux sont d'autant plus importants que les ressources financières sont limitées. Après une période d'expansion, le système de recherche se trouve lui-même, pour reprendre l'expression de John Ziman, dans un Steady State. Il faut tout à la fois 1 ) maintenir et accroître la qualité de l'enseignement et de la recherche universitaires, 2) former la main-d’œuvre hautement qualifiée et le personnel de recherche nécessaires et 3) assurer la maîtrise des nouveaux développements scientifiques et technologiques tout en répondant aux demandes sociales concomitantes [3].

Même si les pays ne sont pas « interventionnistes » au même degré ni de la même manière, tous ont la volonté de réunir les conditions favorables à l'innovation technologique et au développement de la recherche. Pour corriger les faiblesses actuelles du système de recherche, les actions qui apparaissent nécessaires sont les suivantes : 1) réorganiser l'enseignement postsecondaire pour qu'il puisse répondre aux nouvelles exigences de la [331] recherche qui est plus organisée, plus coûteuse, plus collective et multidisciplinaire ; 2) persuader les meilleurs étudiants de poursuivre des études en science et en génie et améliorer l'enseignement précollégial et de premier cycle ; 3) renforcer la recherche universitaire fondamentale ; 4) développer une meilleure coopération entre l'industrie, l'université et les gouvernements ; 5) encourager la coopération internationale [4].

Au Canada et au Québec, se sont multipliés depuis les années 1980 les efforts pour assurer une meilleure coordination et une planification des activités de recherche et pour accroître l'investissement en recherche et développement, principalement dans les secteurs à haut potentiel économique. Les domaines qui apparaissent aujourd'hui stratégiques sont, sur le plan des priorités en recherche et développement, la biotechnologie, la micro-électronique/technologie de l'information et les nouveaux matériaux. Par ailleurs, le gouvernement fédéral a adopté une attitude plus interventionniste en matière de science et de technologie : il a élaboré une nouvelle stratégie, InnovAction, avec l'objectif de concentrer ses activités dans quelques domaines (innovation industrielle et diffusion des technologies, gestion des ressources, formation de la main-d’œuvre scientifique, promotion de la culture scientifique) ; il a promulgué en 1986-1987 une politique dite de la contrepartie en augmentant les budgets des conseils subventionnaires d'un montant équivalant aux contributions du secteur privé et enfin il a, en mai 1988, mis sur pied le programme de réseaux de centres d'excellence (240 millions de dollars en cinq ans).

Tant au Canada qu'au Québec, les grands conseils subventionnaires, dont la mission principale est d'octroyer des fonds aux activités de recherche universitaire de qualité et d'offrir des programmes axés sur les trois grandes vocations universitaires (la formation de la main-d’œuvre, l'avancement des connaissances et la diffusion des connaissances), se sont donné, au cours des dernières années, des politiques plus « interventionnistes » avec la sélection de thèmes et de domaines prioritaires et la définition d'un mode d'organisation de la recherche (équipe, multidisciplinarité, partenariat). Ce sont là les principaux véhicules utilisés par les gouvernements fédéral et provincial pour contribuer au financement de la recherche universitaire [5].

L'université est directement concernée par de telles initiatives. Elle doit évidemment s'acquitter de ses responsabilités traditionnelles en demeurant un lieu de recherche libre et de critique et en appuyant les efforts de ses meilleurs professeurs et chercheurs ; elle doit aussi, et c'est nouveau, participer davantage à l'économie et en relation avec divers partenaires, jouer un rôle dynamique sur le plan de la transmission des connaissances [332] et du transfert des technologies. D'un côté, l'excellence et de l'autre, la collaboration.

Sur le plan de la recherche universitaire, il y a évidemment quelques enjeux et problèmes particuliers au Québec et au Canada, relatifs à la structure économique (ressources naturelles, etc.), à l'organisation politique (fédéral/provincial) et à la question linguistique (le français comme langue de travail et de diffusion scientifique). Cependant les principaux enjeux ou défis auxquels fait face la recherche sont sensiblement les mêmes ici que dans les autres pays industrialisés. Outre le financement, ces enjeux sont les suivants : 1) les structures (lien enseignement-université, interdisciplinarité) ; 2) la formation de la main-d’œuvre hautement qualifiée et le renouvellement du corps professoral ; 3) la collaboration avec l'industrie ; 4) la coopération internationale et le choix de « niches » ; 5) l'évaluation, l'analyse et la prospective.

LES STRUCTURES UNIVERSITAIRES

Le lien enseignement-recherche

Selon les pays ou les disciplines, l'université occupe dans le système de la recherche une place plus ou moins grande. Certains pays confient la plus grande partie de leur recherche fondamentale et stratégique à des établissements spécialisés ; d'autres pays établissent une différenciation plus nette entre des universités dites d'enseignement et des universités dites de recherche ; d'autres enfin créent des réseaux ou mettent sur pied des centres régionaux de recherche multidisciplinaire où viennent travailler les professeurs de diverses institutions universitaires. Par ailleurs, l'on sait que, dans chacun des pays, existent de grandes différences entre les institutions et aussi entre les professeurs.

Ensemble, les contraintes financières et la concurrence nationale et internationale obligent administrateurs et universitaires à s'interroger sur la spécificité de la recherche menée à l'université. Inévitable en raison de ses coûts, la concentration des activités de recherche risque aujourd'hui d'entraîner non seulement une plus grande stratification des institutions mais aussi une plus grande séparation entre l'enseignement de premier cycle et la recherche. Mais la conviction que l'enseignement et la recherche universitaires doivent être étroitement associés demeure forte : l'on reconnaît l'importance, pour les étudiants, d'une formation à et par la recherche.

[333]

Structures départementales et interdisciplinarité

La principale caractéristique du système universitaire nord-américain est la structure départementale, avec la réunion de professeurs autour de mêmes champs d'études ou disciplines. Aussi flexible soit-elle, cette structure est ébranlée par les nouvelles conditions de réalisation de la recherche. Les nouveaux domaines de recherche, comme la biotechnologie, l'informatique et les sciences cognitives sont inter ou multidisciplinaires. Et les problèmes, qu'ils soient technologiques ou même sociaux — par exemple les politiques sociales, la santé publique ou l'environnement — sont aujourd'hui rarement définis à l'intérieur des frontières disciplinaires traditionnelles : il faut des équipes multidisciplinaires souvent réunies dans des centres ou des instituts.

La National Science Foundation a lancé aux États-Unis un important programme pour développer la recherche multidisciplinaire dans des secteurs technologiques de grande importance industrielle et nationale : il s'agit de la mise sur pied, avec la participation des universités et des industries, de plusieurs Engineering Centers [6]. Le nouveau programme canadien des Centres d'excellence est aussi multidisciplinaire et multisectoriel. Tous ces programmes mobilisent de grandes équipes et ils impliquent plusieurs départements ou écoles.

Pour l'université, ces changements représentent un double enjeu. D'abord dans le domaine des programmes d'études : formation de base plus générale, programmes multidisciplinaires. Et ensuite, sur le plan administratif, la gestion de la recherche, devenue plus complexe, devient également plus hiérarchisée et plus centralisée.

LA FORMATION DE LA MAIN-D'ŒUVRE
HAUTEMENT QUALIFIÉE
ET LE RENOUVELLEMENT DU CORPS PROFESSORAL

La formation de la main-d’œuvre hautement qualifiée

Tout porte à croire qu'au cours des années 1990 et dans les années subséquentes, il y aura au Canada un manque de personnel hautement qualifié, constitué des scientifiques et des ingénieurs, principalement dans le secteur industriel. Les sociétés canadiennes qui entreprennent de la recherche et développement ont déjà de la difficulté à recruter du personnel de recherche hautement qualifié. Le CSRNG a lancé en 1985 un cri d'alarme : les compétences en recherche nécessaires pour atteindre un niveau concurrentiel de recherche et développement ne sont pas disponibles.

[334]

La situation du Canada s'est beaucoup améliorée avec l'augmentation depuis le milieu des années 1970 de scientifiques et d'ingénieurs engagés dans des activités de recherche et développement : entre 1977 et 1986, les taux d'accroissement de l'emploi de titulaires de maîtrise et de doctorat en sciences naturelles et en génie sont respectivement de 149 % et 79 % [7]. Divers facteurs expliquent cette augmentation : plus grande valorisation de la formation aux études supérieures, utilisation de technologies plus sophistiquées, influence de politiques visant à augmenter l'interaction entre l'université et l'industrie. Le « retard » n'est pas pour autant rattrapé : parmi les pays membres de l'OCDE, le Canada se trouve en 1986 dans une situation comparable à celle de la France avec 1,89 chercheur et ingénieur équivalant à temps complet employé dans l'industrie par 1 000 travailleurs. Ce chiffre est de 2,63 en Suède (1985), de 3,17 en Grande-Bretagne et de 4,98 aux États-Unis [8].

En faisant l'hypothèse d'une continuation de la croissance de l'économie canadienne, il est possible de prévoir que la demande de titulaires de maîtrise et de doctorat continuera à augmenter dans les industries canadiennes, mais d'une manière non uniforme selon les secteurs disciplinaires. En raison des caractéristiques de la recherche industrielle et du développement au Canada, la demande de main-d’œuvre hautement qualifiée s'adressera dans les prochaines années aux ingénieurs, aux chimistes, aux informaticiens, aux biotechnologistes et aux physiciens appliqués [9].

Pour le secteur gouvernemental, la situation est différente : il ne semble pas qu'il y ait dans les prochaines années une augmentation du nombre d'emplois pour des scientifiques et des ingénieurs. De 1982 à 1986, le nombre de scientifiques et d'ingénieurs engagés en recherche et développement au gouvernement fédéral et dans les gouvernements provinciaux a diminué, passant de 7 810 à 7 650 [10]. L'on doit cependant dès maintenant penser qu'il faudra assurer leur remplacement, tout au moins dans des secteurs tels que la défense et l'agriculture qui ne peuvent que difficilement être transférés au secteur privé. Dans l'ensemble, la demande ne dépassera pas le niveau actuel.

Pour le Québec, il n'y a guère de données prospectives claires et valides sur la demande en main-d’œuvre hautement qualifiée. La seule prévision concerne l'offre de la main-d’œuvre : les perspectives professionnelles des scientifiques et principalement des ingénieurs et des informaticiens apparaissent bonnes. Et quelle que soit la région, la pénurie d'emplois risque d'être élevée dans la plupart des domaines du génie [11].

En 1986, selon les données du dernier recensement, le Québec compte 286 660 scientifiques, ingénieurs et technologues, dont 34 % dans le [335] domaine des sciences naturelles et du génie, 13 % dans le domaine des sciences sociales et humaines et 53 % dans le domaine de la santé. Même si les répartitions professionnelles du personnel scientifique et technique selon les différentes professions sont semblables au Québec et en Ontario, le Québec dispose, en regard de sa population, de moins de travailleurs en sciences naturelles et en génie que sa province voisine : en 1986, il a 1 500 scientifiques et ingénieurs par 100 000 habitants, ce qui est 478 de moins qu'en Ontario. L'écart est de 158 par 100 000 habitants dans les sciences sociales et humaines [12].

Pour des raisons à la fois démographiques et technologiques, les besoins de main-d’œuvre hautement qualifiée et de personnel de recherche, en particulier dans le domaine scientifique et technique, risquent, dans la plupart des pays industriellement avancés, de dépasser l'offre. Pour les Etats-Unis, l'on parle de « crise nationale » [13]. Les perspectives d'avenir sont d'autant plus pessimistes que l'on prévoit d'ici le tournant du siècle une diminution importante de baccalauréats dans ces disciplines. La situation n'est pas très différente au Canada. Par le passé, seulement de 15 à 20 % des diplômés de 1er cycle en sciences et génie s'inscrivaient à des études supérieures à temps plein et plusieurs d'entre eux n'obtenaient pas leur diplôme.

Il est en général plus facile d'agir sur l'offre que sur la demande. La main-d’œuvre hautement qualifiée provient de deux sources : les jeunes qui ont obtenu un diplôme d'une université locale ou étrangère et les immigrants d'autres pays. Diverses actions sont possibles, de la réforme de l'éducation — par exemple le curriculum scolaire du niveau secondaire ou le contenu des programmes des cégeps au Québec—jusqu'à la modification des politiques d'immigration en passant par tout un ensemble de mesures (musées scientifiques, programmes de bourses, programmes de formation-recherche en entreprise, etc.) [14].

Le renouvellement du corps professoral

Il est relativement plus facile de prévoir la demande dans le secteur de l'enseignement supérieur, puisque le nombre de professeurs est déterminé par les inscriptions d'étudiants : tout accroissement des inscriptions entraîne, avec un peu de retard, l'engagement de nouveaux professeurs, alors qu'une diminution des inscriptions a un impact plus faible, à cause du système de la permanence (tenure System). Il est clair que le rythme de croissance des universités se reflète sur la situation et les caractéristiques du corps professoral. Il y a d'abord eu expansion rapide et diversification du système universitaire durant les années 1960 et au début des années 1970 ; il y a depuis une quinzaine d'années ralentissement de la croissance, stagnation et dans certains pays, régression. L'effet est aujourd'hui manifeste [336] non seulement sur la structure d'âge du corps professoral, avec un vieillissement de l'ensemble du personnel, mais aussi sur les perspectives de carrière des diverses catégories de professeurs.

Les données transmises par divers pays de l'OCDE illustrent depuis le début des années 1980 le problème de vieillissement du corps professoral. Pour le Québec, la dernière Enquête sur le personnel enseignant de la CREPUQ [15] montre que, selon les mêmes indicateurs de vieillissement, la situation s'est aggravée entre 1983 et 1988 : l'âge moyen du corps professoral atteint 45,7 ; les moins de 35 ans qui étaient 14 % cinq ans auparavant ne représentent plus que 10 % des professeurs et les plus de 55 ans qui ne comptaient que 14 % en 1983 atteignent près de 18 %.

S'agissant de l'avenir, l'hypothèse la plus conservatrice ne prévoit qu'une faible augmentation du corps professoral d'ici la fin des années 1990 parce que l'augmentation du groupe d'âge 18-24 ans n'entraînera qu'un faible accroissement des inscriptions dans toutes les disciplines. Il n'y aura donc aucune croissance du corps professoral au-delà du remplacement, même si divers autres facteurs peuvent intervenir tels l'immigration, la mobilité vers un autre secteur, les décès et les retraites. L'on peut penser que la signature de l'Accord du libre-échange facilitera le départ de professeurs vers les États-Unis sans qu'il soit possible pour les universités canadiennes d'attirer un nombre appréciable d'universitaires américains.

L'analyse de la distribution par âge permet d'évaluer la demande de futurs professeurs pour remplacer ceux qui meurent ou prennent leur retraite. Au Canada et au Québec, comme dans plusieurs autres pays, l'on prévoit la mise à la retraite d'un très grand nombre de professeurs au cours des années 1990 et pendant la première décade du XXIe siècle. Une prévision pour l'ensemble du marché universitaire québécois établit que le rythme de départs et donc d'embauches passera de 500 en 1995 à 550 en 2005 pour ensuite se stabiliser un peu au-dessus de 500 par année [16].

Les pressions qu'exercent les restrictions financières, la compétition accrue entre les institutions (pour les meilleurs étudiants, etc.) et la faible croissance des engagements de professeurs suscitent de nombreuses inquiétudes concernant le maintien de l'excellence dans la recherche universitaire. L'inamovibilité des professeurs est toujours l'objet de controverses, car elle pose de plus en plus de problèmes aux administrations universitaires dans la gestion des ressources et des programmes.

Dans leur ensemble, les conditions de travail apparaissent « satisfaisantes » [17], mais elles rendent actuellement plus difficile le recrutement de jeunes chercheurs et professeurs, surtout lorsque les salaires ne sont pas [337] compétitifs avec ceux du secteur privé. À mesure que s'accroît la compétition entre les institutions pour l'engagement de nouveaux professeurs, les administrations ont besoin d'une marge de manœuvre plus grande que celle que permettent les conventions collectives.

LES RELATIONS UNIVERSITÉ-ENTREPRISE

Deux nouvelles orientations parmi les plus importantes depuis quelques années pourraient changer radicalement le « paysage » universitaire dans tous les pays industriellement avancés : il s'agit de l'importance accrue des aides extérieures (i.e. privées) et le renforcement des relations avec le monde de l'industrie. Il y a certes là une volonté de réduire la part du financement public dans les ressources des universités mais aussi et surtout une prise de conscience de la nécessité de resserrer les liens entre l'université et l'industrie afin d'encourager le développement technologique et la croissance économique [18].

Les avantages d'un renforcement des relations université-industrie apparaissent aujourd'hui indéniables à la fois pour l'université (débouchés pour les diplômés, financement de la recherche, accès à la culture de l'entreprise), pour l'entreprise (meilleure formation des diplômés, accès aux équipements universitaires, accès au système public de financement de la recherche) et à l'ensemble de la société (meilleurs rendements des investissements dans l'enseignement supérieur, transfert des connaissances et des innovations, intensification de la culture innovatrice). L'attention se tourne donc vers les diverses formes que peut prendre la collaboration entre l'université et l'entreprise, que ce soit pour la recherche, la diffusion des résultats ou la formation.

Plus que la recherche sous contrat, la recherche conjointe constitue aujourd'hui le type idéal de relation entre l'université et l'entreprise : continuité dans le temps de la relation, participation active de l'entreprise dans le programme de recherche, collaboration possible d'un organisme public, propension à créer de nouvelles entités [19]. Cette recherche se réalise habituellement dans des centres de recherche conjointe et dans des consortiums de recherche, dont les établissements peuvent parfois être situés dans des parcs technologiques. La recherche stratégique ou orientée que subventionnent les organismes publics exige de plus en plus une participation des entreprises.

Dans toutes les discussions actuelles sur l'avenir de la recherche universitaire, le mot clé est à coup sûr le « partenariat ». Les exemples [338] d'initiatives institutionnelles prises dans divers pays sont nombreux et ils permettent de mettre en valeur l'importance et l'originalité des programmes de recherche conjointe. Au Canada, l'on compte aujourd'hui une cinquantaine de consortiums canadiens : la plupart ont été créés au cours des années 1980 et plus de la moitié ont des liens avec des universités.

Dans leur ensemble, les programmes de collaboration université-entreprise concernent les sciences et la technologie. Sauf pour des activités contractuelles ou de consultation dans quelques domaines limités (économie, administration, communication), les sciences sociales et humaines sont négligées et leur contribution économique, sous-estimée.

Les diverses formules de partenariat université-entreprise n'ont souvent pas comme première et seule fonction la recherche fondamentale ; l'objectif est aussi de déboucher sur des résultats susceptibles d'être exploités et développés par les entreprises. La diffusion est généralement assurée par des « bureaux de transfert de technologie », comme on en retrouve dans plusieurs universités. Ici la politique de recherche universitaire se rallie et s'articule aux politiques industrielles et aux politiques d'innovation.

Les formules sont diverses. Les gouvernements cherchent, dans le cadre de nouvelles politiques industrielles, à aider les industries à « prendre le virage technologique ». Plusieurs programmes impliquent l'université dans des activités de transfert et d'application des recherches. Au Québec, le Centre de recherche industrielle du Québec conclut des accords de transfert technologique avec des universités et aide des professeurs à commercialiser leurs inventions. Par ailleurs, avec 300 millions de dollars pour cinq ans, le nouveau Fonds de développement technologique (FDT) vise aussi à favoriser la synergie université-industrie : le programme INNOVE est placé sous le leadership universitaire, avec partenariat obligé de l'entreprise.

Sans aucun doute, la structure industrielle, caractérisée par la rareté des industries à base de connaissance intensive, constitue un frein à l'instauration des liens profitables avec l'université. Plus de 75 % des scientifiques et des ingénieurs engagés en recherche et développement se concentrent au Québec dans trente firmes et cinq d'entre elles emploient la moitié du personnel de recherche industrielle [20]. Ici plus qu'ailleurs, ce sont les universités et non les entreprises qui sont demanderesses de liaisons nouvelles.

Complexe et mal connu, le transfert de savoir et de technologie est un processus qui exige des partenaires proximité, échanges et activités conjointes. Il faut au préalable 1) instaurer un climat favorable — une [339] « culture techno-industrielle » — par l'organisation de rencontres et de discussions, comme le Forum Entreprises-Universités ; 2) créer des lieux, par exemple des technopoles et des parcs technologiques ou scientifiques, avec l'installation dans une zone déterminée, habituellement proche d'une université, d'un ensemble d'entreprises de haute technologie, et enfin 3) mettre sur pied des mécanismes de concertation, de coordination et de planification stratégique. Au Québec, deux initiatives récentes s'inscrivent dans cette perspective : ce sont le Groupe d'action pour l'avancement technologique et industriel de la région de Québec (GATIQ) et le Centre d'initiative technologique de Montréal (CITEC).

La réorientation de l'université vers la valorisation de la recherche, et la mise au point de diverses formules pour rapprocher la recherche universitaire des besoins du marché suscitent inquiétudes et interrogations. Parce qu'il y a apparemment atteinte aux valeurs et à l'éthique universitaires (liberté académique, libre circulation de l'information, droits de propriété intellectuelle, priorité à l'enseignement et à la recherche), l'on craint de voir l'intégrité de l'université détruite. À un niveau plus prosaïque se posent diverses questions concernant les conflits d'intérêt, les brevets et les licences. Les universités n'ont souvent pas de directives claires et précises en matière de brevets, de publication et de partage des redevances. Enfin il n'est pas dit que ceux qui inventent un produit ou un procédé ayant une valeur commerciale aient le « sens des affaires » pour mettre sur pied et diriger une entreprise.

Les efforts déployés sont aujourd'hui nombreux et divers : parcs technologiques, incubateurs, consortiums, centres d'excellence, financement de contrepartie. Il y a un grand enthousiasme. Le scepticisme conduit certains à se demander si la politique de développement d'industries de haute technologie est la stratégie économique la plus sage pour chaque Etat ou région [21]. Tout dépend de la situation économique de l'État, de la région ou même du secteur industriel.

LA COOPÉRATION SCIENTIFIQUE
INTERNATIONALE


Aujourd'hui valorisée, la coopération scientifique internationale est l'un des thèmes majeurs et récurrents des politiques scientifiques nationales. S'en mêlent non seulement les gouvernements mais aussi les institutions universitaires. Plusieurs universités se sont dotées de bureaux, de budgets, de personnel et de services spéciaux ; elles négocient et signent des ententes bi- ou multilatérales. L'enseignement est évidemment un secteur important des activités de coopération : il faut se faire connaître à l'étranger, [340] faciliter la venue d'étudiants en leur offrant un support à l'accueil et parfois une aide financière.

En matière de recherche, la coopération internationale est aussi une préoccupation, pour ne pas dire une priorité des institutions universitaires, des organismes subventionnaires et des gouvernements. La complexité et le coût très élevé des équipements exigent la participation intellectuelle et financière de plusieurs équipes de chercheurs et de plusieurs pays. Pensons au CERN, créé en 1954 et localisé à Genève : plus de quatorze pays participent aux activités et au financement de ce grand laboratoire européen de physique des particules. Un autre exemple est le projet lancé en 1989 par les États-Unis, le U.S. Genome Project, qui s'échelonnera sur quinze ans et impliquera la participation de plus de 3 000 scientifiques des Etats-Unis, de l'Union soviétique, de l'Europe et du Japon. Le coût devrait dépasser les 4 milliards de dollars. Le Canada s'est fait remarquer par son absence, les divers organismes de subvention canadiens n'étant parvenus à s'entendre ni sur le mode de participation ni sur la contribution financière canadienne (qui devait être de l'ordre de 150 millions de dollars répartis sur quinze ans). Parmi d'autres grands projets, citons les deux Global Change Projects lancés par la National Science Foundation : World Ocean Circulation Experiment (WOCE) et Tropical Ocean/Global Atmosphere (TOGA).

« L'Europe de 1992 », avec l'ouverture d'un marché unique, donne un nouvel essor à l'ensemble des programmes de coopération scientifique internationale. À la suite du CERN, d'autres grands équipements ont été conçus dans le cadre d'accords multilatéraux, comme l'Observatoire européen austral. L'on voit actuellement se construire une Europe de la science avec la mise sur pied d'organisations (Agence spatiale européenne), de groupements d'intérêt économique (AIRBUS INDUSTRIE) et de grands programmes (JET pour les recherches sur la fusion thermonucléaire, ESPRIT pour la technologie de l'information, BRITE pour la recherche technologique fondamentale et l'application de nouvelles technologies, etc.).

Certes beaucoup de bureaucratie et de nombreuses négociations s'imposent pour faire face aux divergences et aux disparités entre pays afin d'harmoniser les règles de financement et de fonctionnement des programmes, mais déjà on observe plusieurs impacts positifs, par exemple sur le tissu scientifique et technique de chacun des pays.

Il n'est pas facile d'avoir un portrait de l'ensemble des activités de coopération internationale des institutions universitaires et des chercheurs canadiens et québécois. D'une manière générale, l'effort d'internationalisation [341] des chercheurs canadiens s'est accru mais il demeure relativement inférieur à celui des chercheurs des autres pays [22].

Toute politique de coopération internationale est faite d'une multitude d'activités diverses et de quelques orientations majeures. Ni le Canada ni le Québec ne se sont donné en matière de coopération scientifique de grandes orientations. Si la coopération scientifique internationale passe de plus en plus par l'accès à de grands centres et à des équipements et si elle s'inscrit dans de vastes programmes tels que les programmes de la Communauté européenne, il est évident que les efforts dispersés des institutions et des groupes de chercheurs ne seront pas suffisants pour faire face à la « nouvelle » concurrence internationale.

L'internationalisation de la recherche oblige la petite communauté des chercheurs et des professeurs québécois à élaborer de nouvelles stratégies de coopération internationale : ces stratégies seront nécessairement collectives, comme on le voit avec l'organisation d'une ACFAS franco-québécoise, les Entretiens Jacques-Cartier ; elles devront aussi, en privilégiant certains créneaux ou niches, permettre la pénétration non plus seulement de réseaux scientifiques mais aussi et surtout de programmes de recherche internationaux.

ANALYSE, ÉVALUATION ET PROSPECTIVE

Depuis le début des années 1980, le financement public de la recherche est l'objet de nombreuses interrogations. Plus sensibles aux considérations value-for-money, les gouvernements cherchent à introduire des critères et des procédures plus systématiques dans l'établissement des priorités budgétaires. Il y a donc une demande beaucoup plus grande de données statistiques permettant d'évaluer avec plus de précision les sommes consacrées aux diverses activités de recherche et d'effectuer des comparaisons internationales.

Au Canada et au Québec, il y a peu de collectes de données primaires pour des fins d'analyse comparative, et encore moins de prospective. Les informations sont réunies par plusieurs organismes sans qu'il y ait une quelconque coordination. Dans les universités, il n'y a malheureusement pas ou peu de centres de recherche spécialisés dans l'étude de telles données et dans l'analyse des politiques scientifiques. Enfin, dans le secteur de la formation universitaire, le nombre de programmes Science-Technologie-Société (S.T.S.) est limité et habituellement de niveau du 1er cycle [23].

[342]

Que ce soit des individus, des laboratoires ou des groupes de recherche, les acteurs de la recherche sont constamment évalués par leurs pairs. L'évaluation de la recherche peut aussi s'appliquer à d'autres niveaux. Au niveau le plus général, il y a les systèmes de recherche d'un pays ou d'une région, d'une discipline scientifique ou d'un domaine technologique ; et à un niveau intermédiaire, les opérateurs de recherche, i.e. l'ensemble des dispositifs organisationnels ou institutionnels de recherche (grands programmes, programmes technologiques, organismes, agences, conseils, etc.), qui, sauf sur le plan financier, sont rarement l'objet d évaluation systématique. La France a innové en mettant sur pied en 1989 le Comité national d'évaluation de la recherche (CNER). Cette initiative fait suite à la création, en 1985, du Comité national d'évaluation des universités (CNE/ EPSCP). Aux évaluations coup par coup, habituellement en périodes de crise, l'on entend substituer des évaluations institutionnelles, confiées à des organismes permanents et réalisées selon des procédures et des outils approuvés [24].

Même si toute procédure d'évaluation soulève des difficultés et si elle n'a pas toujours d'impact sur les prises de décisions correspondantes, les évaluations de la recherche occupent une place de plus en plus centrale dans la formulation des politiques nationales de recherche. Ces évaluations doivent porter non seulement sur la recherche elle-même et ses auteurs, mais aussi sur les structures institutionnelles, les formes d'organisation et les pratiques de gestion qui constituent l'infrastructure de la recherche [25]. Il ne s'agit pas seulement d'une mode passagère. C'est la manifestation d'une volonté de contrôle politique plus grand : devenues priorités budgétaires au moment où l'on cherche à juguler les dépenses publiques, les sciences et la technologie se voient ainsi placées sous surveillance. Cette surveillance est d'autant plus indispensable que le contexte dans lequel se fait la recherche a changé : mise en place de nouvelles formes d'organisation et de coordination, transformation des modalités d'intervention des pouvoirs publics, constitution de réseaux.

Simultanément, l'analyse, la prospective et l'évaluation de la recherche permettent aux diverses sciences sociales et humaines de se trouver un nouveau créneau d'intervention tout en rendant de précieux services et de fournir un effort intense interdisciplinaire pour faire converger les apports de l'économie, de la sociologie, des sciences politiques et des sciences de la gestion. La contribution de ces disciplines, souvent délaissées dans tous les débats sur la science et la technologie, apparaît à plus d'un égard, indispensable : mise en évidence de la dimension socio-politique de la recherche, analyse des impacts sociaux de la technologie, identification des risques (population, environnement, etc.), réflexion éthique. C'est là [343] pour la science une façon de se donner une conscience ou, plus modestement, une capacité d'auto-analyse.

CONCLUSION

L'on peut conclure en paraphrasant Descartes : « Il est temps d'arrêter de tournoyer tantôt d'un côté tantôt de l'autre » et de ne pas changer d'orientation pour de « faibles raisons ». Le slogan devient : « Expérimenter, analyser, évaluer » [26]. Avec le volontarisme et l'action, des gouvernements doivent pouvoir faire cohabiter l'expérimentation de nouvelles formes d'organisation et l'évaluation de la recherche.

Tout comme le développement économique, la recherche est un processus décentralisé qui se réalise localement, dans des conditions spécifiques, avec des moyens déterminés. L'évolution de la science est si rapide que les gouvernements ne peuvent pas toujours déterminer d'une manière efficace l'orientation de la recherche fondamentale [27]. L'approche doit être pragmatique et privilégier la plus grande souplesse possible. Le plus important est de fournir à chaque secteur, dont le secteur de la recherche universitaire, les ressources dont il a besoin tout en préservant son autonomie.

Pour la recherche universitaire, les années 1980 ont été, dans certaines disciplines, une période d'expansion et dans d'autres, une période de consolidation. Tout le système a bougé sans qu'on ne sache trop dans quelle direction. Alors même que les ressources financières demeurent limitées, de nombreuses pressions, tant de l'intérieur que de l'extérieur de la communauté universitaire, s'exercent pour élargir le cadre institutionnel (partenariat, multidisciplinarité, collaboration interuniversitaire) et géographique (réseaux, programmes internationaux) de la recherche.

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NOTES

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[1] John Ziman, Science in a « Steady State », The Research System in Transition, SPSG Concept Paper n° 1, 1988, 49 p.

[2] Organisation de coopération et de développement économique, Quel avenir pour les universités ? Paris, OCDE, 1987a, 12 p.

[3] Government-University-Industry Research Roundtable, Science and Technology in the Academic Entreprise : Status, Trends and Issues, A Discussion Paper, Washington, D.C., National Academy Press, 1989, part one, 29 p., part two, 71 p.

[4] National Science Board, The State of US Science and Engineering, Washington, D.C., Government Printing Office, NSB 89-2, 1990, 6 p.

[5] Au niveau fédéral, les trois conseils subventionnaires sont le Conseil de recherches médicales, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie et le Conseil de recherches en sciences humaines. Au niveau provincial, les deux principaux organismes de subvention sont le Fonds de recherche en santé du Québec et le Fonds de formation des chercheurs et d'aide à la recherche. Circonscrite aux sciences de la santé, l'intervention du FRSQ se veut complémentaire de celle des organismes fédéraux : le maintien d'une infrastructure de recherche (programme des centres et instituts) dans le réseau de la santé est le volet cardinal de ses programmes, avec plus de 60 % des dépenses. Contrairement au FRSQ, le Fond pour la formation de chercheurs et l'aide à la recherche a un mandat général, pluridisciplinaire ; il administre des programmes de bourses d'excellence (à plus de 1 550 étudiants) et de subventions à la recherche (à quelque 450 équipes et 38 centres de recherche regroupant 2 000 chercheurs). À ces deux organismes s'ajoute le Conseil de recherche sociale, qui, créé en 1979, dépend du ministère de la Santé et des Services sociaux. Son budget est de l'ordre de 5 millions de dollars.

[6] National Science Board, Science and Engineering Indicators-1989, Washington, D.C., Government Printing Office, NSB 89-1, 1989, 415 p. ; The State of US Science and Engineering, Washington, D.C., Government Printing Office, NSB 89-2, 1990, 6 p. ; « Academic Crossroads — The US experience », STI Review, Science/Technology/Industry, n° 5, avril 1989, pp. 129-163.

[7] R. J. Kavanagh, « The Future Supply of Highly Qualified Engineers and Scientists and the Role of NSERC », NSERC Seminar on Canada's Future Requirements for Highly Qualified Scientists and Engineers, Ottawa, May 3, 1989, 30 p.

[8] Organisation de coopération et de développement économique, Sur les indicateurs de la science et de la technologie : l'avenir de la recherche universitaire, Paris, OCDE, 1989b, 137 p. ; J. Irvine, B. R. Martin et P. Isard, Investing in the Future : An International Comparison of Government Funding of Academic and Related Research, Aldershot, Elgar, 269 p. ; Organisation de coopération et de développement économique, Personnel de recherche. De la prévision des besoins à l’action, Paris, OCDE, 1989a, 72 p.

[9] Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Dans dix ans : l'an 2000. Un document stratégique, Ottawa, CRSNG, 1989, 24 p.

[10] R. J. Kavanagh, op. cit.

[11] Ministère de la Main-d'œuvre et de la Sécurité du revenu, Les perspectives professionnelles au Québec, Québec, le Ministère, 1988 a, 67 p. ; Surplus et pénuries de main-d'œuvre prévus au Québec et dans ses régions, Québec, le Ministère, 1988b, 121 p.

[12] Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science, Direction des politiques et des priorités scientifiques, Indicateurs de l'activité scientifique. Compendium 1990, Québec, le Ministère, 1989, 64 p.

[13] R.C. Atkinson, « Supply and Demand for Scientists and Engineers : A National Crisis in the Making », Science, vol. 248, avril 1990, pp. 425-432.

[14] Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science, DGERU, Rapport préliminaire du groupe de travail intersectorial sur la main-d’œuvre hautement qualifiée, Québec, le Ministère, 1989, 13 p. avec annexe 1 « Pour sortir de l'impasse », 6 p. et annexe 2 « La main-d'œuvre scientifique de l'an 2000 », 17 p. ; Paule Leduc, Allocution présentée lors du Congrès des sociétés savantes à l'occasion du 50e anniversaire de la Fédération canadienne des sciences sociales, Victoria, 26 mai 1990, 17 p.

[15] Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec, Caractéristiques et rémunération des professeurs de carrière des universités québécoises, CREPUQ, Rapport de l'enquête sur le personnel enseignant, 1983-1985, 1988 ; Madeleine Perron, Pierre W. Bélanger et Sylvie Ann Hart, « Le vieillissement et le renouvellement du corps professoral des universités », Communication présentée au colloque La profession enseignante au Québec dans le cadre du congrès de l'ACFAS, Québec, 15 mai 1990, 13 p. et publiée dans La profession enseignante au Québec. Enjeux et défis des années 1990, sous la direction de Claude Lessard, Madeleine Perron et Pierre W. Bélanger, « Le vieillissement et le renouvellement du corps professoral des universités du Québec », Québec, IQRC, 1991, pp. 197-220. (Coll. « Documents de recherche » n° 30) ; Statistique Canada, Enseignants dans les universités 1985-1986, Ottawa, Catalogue n° 81-241, 1987.

[16] Jacques L'Écuyer, « Le marché québécois de professeurs d'université », Allocution à l'occasion de l'Assemblée générale de l'AUCC, Québec, 1990.

[17] Groupe ministériel de travail sur la tâche du professeur d'université, La tâche du professeur d'université au Québec, Québec, 1989, 252 p. et annexes.

[18] Conseil des sciences du Canada, Pour réussir dans une économie mondiale. L'interaction université-entreprise et le renouveau économique du Canada, Rapport 39, 1988, 86 p. ; B. R. Martin et J. Irvine, Research Foresight : Priorities-Setting in Science, London, Pinter Publishers, 1989 ; Organisation de coopération et de développement économique, L'avenir de la recherche universitaire, Paris, OCDE, 1981, 86 p.

[19] Organisation de coopération et de développement économique, Les relations université-entreprise dans les pays de l'OCDE, Rapport soumis au Comité de la politique scientifique et technologique, Paris, Direction de la science, de la technologie et de l'industrie, 1990, 76 p.

[20] Charles Davis, « Science, Technology and Policy in Québec » Science and Public Policy, vol. 5, n° 1, 1988.

[21] D. Osborne, « Refining State Technology Programs », Issues in Science and Technology, vol. VI, n° 1, été 1990, pp. 5-62.

[22] M.-J.-F. Leclerc, Miquel, Y. Okubo, N. Narvaez et L. Frigoletto, « La coopération scientifique bilatérale Québec-France : analyse des cosignatures », Interface (à paraître).

[23] Conseil de la science et de la technologie, Science et technologie. Conjoncture 1988, Québec, le Conseil, 1988, 218 p. ; R. Lacroix et F. Vaillancourt, La recherche et la formation en sciences dans les universités québécoises, Montréal, Centre de recherche et de développement économique, 1988, 58 p.

[24] Organisation de coopération et de développement économique, La politique d'innovation en France, Paris, Economica, 1989c, 384 p.

[25] Organisation de coopération et de développement économique, Évaluation de la recherche, un choix de pratiques en vigueur, Paris, OCDE, 1987b, 87 p.

[26] Camille Limoges, « De la politique des sciences à la politique de l'innovation : l'État incertain », dans M. Leclerc (sous la direction de), Les enjeux économiques et politiques de l’innovation, Québec, Presses de l'Université du Québec, 1990, pp. 62-79.

[27] Eric Bloch, « Basic Research and Economic Health : The Corning Challenge », Science, vol. 232, mai 1986, p. 595-599.


Retour au texte de l'auteur: Marcel Fournier, sociologue, Université de Montréal Dernière mise à jour de cette page le dimanche 28 septembre 2025 19:51
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 



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