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Préface
Pour les personnes de ma génération, s’intéresser aux mutations culturelles des années 1960, c’est un peu revivre sa jeunesse et faire renaître ces temps dont nous aimons croire qu’ils furent doux. Cette décennie charnière put être qualifiée de révolutionnaire, dans la mesure où elle marqua le passage d’un monde de l’ancien régime à l’univers que nous connaissons aujourd’hui et qui se caractérise, notamment, par l’avènement de l’individualisme et du mercantilisme. La musique occupa une place privilégiée dans cette transformation et nos souvenirs y sont immanquablement associés : en particulier, personne ne peut avoir vécu cette époque sans se rappeler la formidable saga des « quatre garçons dans le vent ». C’est donc tout naturellement que j’en vins à porter un intérêt historique et intellectuel aux Beatles dont la carrière rythmait mes jeunes années. Le premier disque que je me souviens avoir acheté avec mon argent de poche était I wanna hold your hand. Je devais avoir environ 10 ans si j’en crois la date de sa sortie. Il est difficile de décrire l’engouement que suscitèrent la musique et la personnalité des Beatles. Dans un premier temps, on assista, stupéfaits, à ce l’on appela la beatlemania. On aurait mieux fait parler de beatlehysteria tant l’engouement pour les « fab fours » avait pris des proportions qui dépassaient l’entendement. Leur vie même était devenue impossible, voire dangereuse ; lors de leurs concerts, ils ne s’entendaient même plus jouer tant les cris couvraient leur musique. Ils cessèrent alors de se produire en public pour entrer dans une deuxième phase de leur carrière. De popstars, ils se transformèrent en « aristocrates du rock ». Au lieu de stagner dans un luxe lénifiant, comme l’avait fait Elvis Presley avant eux, ils composèrent une musique de plus en plus créative et sophistiquée, mais toujours accessible, grâce à leur sens inné de la mélodie. Les Beatles cessèrent alors de n’être qu’un simple phénomène musical de la fin du XXe siècle, pour prendre place au panthéon de l’histoire de la musique. Avec le recul, il ne me paraît pas exagéré de dire que la musique des Beatles est un phénomène musical qui ne relève pas simplement de la pop music. J’ai envie de dire que c’est de la « grande musique » ou de la « musique classique », mais je ne sais pas si ces catégories prennent leur sens dans ce contexte. Il s’agit, en tout cas, d’une expression musicale majeure de la fin du XXe siècle.
La carrière des Beatles en tant que groupe se confond avec la décennie des années 1960 dont ils incarnent de multiples aspects. Avec plus d’un milliard d’albums vendus dans le monde, ils sont non seulement le plus grand groupe de musique populaire de l’histoire de l’humanité, mais ils constituent un véritable phénomène artistique, culturel et économique. Durant leur carrière, relativement brève, ils ne se sont pas contentés de produire des mélodies qui furent fredonnées dans le monde entier, mais ils surent faire évoluer leur musique vers des voies inexplorées qui devaient transformer considérablement le mode d’expression musicale. De surcroît, leur influence ne fut pas seulement musicale. Avec les Beatles, en effet, nous avons changé de monde. Certes, ce groupe ne peut à lui seul synthétiser tous les changements qui se sont produits à la fin du XXe siècle, mais en même temps, leur histoire cristallise un certain nombre de mutations ayant marqué notre époque.
En tout premier lieu, les Beatles peuvent symboliser les transformations de la société britannique. Au début du XXe siècle, le Royaume Uni était la plus grande puissance coloniale, le pays le plus avancé sur le plan industriel et politiquement le plus puissant. La société britannique sortit cependant très affaiblie de la Deuxième Guerre mondiale qui fut décrite comme une victoire à la Pyrrhus. Le rationnement en nourriture, par exemple, perdura jusqu’au début des années 1950. Cette période difficile fut aussi celle du démembrement de l’empire colonial et, dès lors, d’une perte d’influence internationale. La Grande-Bretagne souveraine et conquérante se voyait soudain réduite au rang de puissance mineure et l’épisode de la nationalisation du canal de Suez par les Egyptiens se solda par une humiliation des Britanniques quand les Américains ordonnèrent à ces derniers, sous peine de sanctions, d’abandonner leurs positions militaires sur le canal et de laisser la voie libre aux Egyptiens.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce déclin géo-politique ne se solda pas par une diminution de la richesse, mais, au contraire, par une meilleure distribution de celle-ci. En raison des valeurs démocratiques associées à ce système et qui se renforcèrent tout au long du XXe siècle, le capitalisme s’accommoda de moins en moins des idées élitaires qui restreignaient la consommation à une élite. Il s’engagea sur la voie de la consommation de masse qui reposait sur l’augmentation des revenus de la majorité de la population. Le milieu d’origine des Beatles est bien symptomatique de ce point de vue. S’ils insistèrent parfois sur leurs origines ouvrières, ils (hormis Richard Starkey) provenaient en réalité de ces milieux « petits-bourgeois », des classes moyennes, qui étaient en pleine mutation et participaient à cette augmentation importante de la consommation. Voitures, téléviseurs, radio, machines à laver, salles de bain et autres biens de confort se vendaient de plus en plus au cours de ces années que Fourastié nomma « les trente glorieuses ». Le premier ministre Harold McMillan put ainsi s’exclamer, à la fin des années 1950, « We never had it so good »… « On n’a jamais été aussi bien ». L’ère était à l’optimisme, tout semblait possible et, en réalité, tout allait mieux. Cet accroissement du pouvoir d’achat est symptomatique de toutes les sociétés industrielles de l’époque, en tout cas de celles qui avaient choisi le mode de production capitaliste. C’est d’ailleurs dans ce contexte que se développa la musique rock-pop.
La révolte que cette dernière exprimait n’était pas politique. Elle était largement individualiste et prônait le développement du moi et partant de l’individualisme. Tout d’un coup, remarque Maxime Leo à propos des transformations de la société allemande, l’univers tournait autour de moi. L’image du rebelle devint alors un mode d’expression de cette transformation de sociétés qui s’affranchissaient de tous les modes traditionnels d’inhibition du moi : l’armée, l’Eglise, la famille, l’école, et l’autorité en général, se virent contestées au profit de l’épanouissement personnel. Alors que l’on se donnait des airs de rebelle, on se conformait en réalité aux exigences d’un mode de production basé sur l’hédonisme et l’individualisme.
La Grande-Bretagne était doublement affectée par ces transformations : pays du conformisme, du stoïcisme, de la retenue, avec des valeurs issues de l’ère victorienne fortement enracinées, elle plongeait dans des valeurs nouvelles fondées sur l’idéalisation du moi et le rejet des institutions. Ce passage ne se fit pas sans mal et, au début des années ’60, des forces importantes tentaient de sauver ce qui pouvait l’être. Cette résistance allait être d’autant plus vaine que l’arrivée des Beatles redorait le blason d’un pays affecté par le déclin de sa puissance. La nation la plus puissante du monde était réduite à un statut secondaire, sinon mineur. La société britannique ressentait particulièrement l’essor nouveau des Etats-Unis, de l’Allemagne et de la France. Dans ce contexte, l’avènement des Beatles fut celui d’une espèce de renaissance. Voici que l’Union Jack, jadis symbole impérialiste, devenait un marqueur de modernité qui s’affichait au mur des chambres d’étudiants ou encore sur le toit des mini cooper. Le pays était soudainement devenu moderne et le chapeau melon faisait place à la jupe de Mary Quant, aussi mini que l’austin cooper. L’austère city avait fait place au Swinging London, avec Carnaby street pour épicentre. La jeunesse du monde entier était attirée par ce pays qui devenait celui de l’innovation, de la jeunesse et du dynamisme. Les Beatles participèrent ainsi à la réussite de la décolonisation et permirent à un pays vieillissant de connaître une cure de jouvence. Au-delà de la Grande-Bretagne, les Beatles marquaient l’avènement de la jeunesse comme valeur première. Alors que les sociétés s’étaient, jusqu’alors, largement reproduites sur la tradition et la continuité, elles valorisaient maintenant le jeune et le neuf. Les Beatles incarnaient parfaitement cette spontanéité, cette fraîcheur et cette insouciance qui n’avait, dans un premier temps, rien de très iconoclaste.
Avec l’avènement du microsillon et de la technologie musicale, la musique se transforma en bien commercial et cessa d’être un simple loisir pour devenir une entreprise. Elle cessait aussi d’être une activité traditionnelle, pratiquée par tous, pour se professionnaliser et se « technologiser ». La culture semblait désormais inséparable de la technologie et on se cultivait, de plus en plus, par écran interposé. On insiste trop peu sur le fait que l’apparition du rock se fit largement sur les cendres des formes traditionnelles de musique. En particulier, le chant choral, le chant religieux, la musique traditionnelle, la chanson enfantine, le folklore et, dans une certaine mesure, la musique classique allaient faire les frais de cette commercialisation et professionnalisation de la musique. Alors que la musique prenait de plus en plus de place dans nos vies, elle le faisait par personnes interposées car elle disparaissait en tant que mode d’expression personnelle. La musique s’écoutait davantage qu’elle se pratiquait. Certes la rupture n’était pas totale dans les premiers temps ; l’expérience enfantine de Paul McCartney dans une chorale religieuse a sans doute été importante pour ses qualités vocales alors que When I’m sixty four rappelle les chansons des cabarets anciens où se produisait son père. Mais ce n’étaient là que des réminiscences appelées à disparaître. Bientôt la musique moderne se suffirait à elle-même, sans plus jamais se référer à un passé autre que le sien propre.
Plus le rock et les autres musiques commerciales se popularisaient, plus les anciens mode d’expression musicale disparaissaient ou étaient confinées à des places marginales. Le terme même de « ringard » témoigne bien de cette mise à l’écart des formes traditionnelles : il ne fait pas que marquer la désuétude, il connote aussi le mépris à l’égard de tout ce qui nous vient du passé. Ce qui est neuf vaut mieux que l’ancien. Jadis valorisé, ce dernier devint méprisé.
Le rock et la pop nécessitent non seulement la « technologisation » de la musique, mais aussi son industrialisation et son insertion dans des circuits commerciaux. Alors qu’elles se posent pour rebelle, ces formes nouvelles d’expression musicale instaurent en réalité un nouveau conformisme ; elles ne peuvent de plus exister sans une technologie de plus en plus sophistiquée. Pire encore, elles ne peuvent même plus être jouées sans cette technologie qui repose d’abord sur l’électrification et ensuite sur la digitalisation, voire aujourd’hui sur le gigantisme de moyens techniques. Leur succès se construisit sur les cendres des instruments anciens, tel l’accordéon, qui firent aussitôt l’objet de quolibets. Elle est aussi liée au développement de l’industrie du disque et du marketing. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de voir qu’en dehors du monde capitaliste, elle eut du mal à se répandre, notamment dans des pays comme les démocraties dites populaires où demeuraient des formes traditionnelles de musique qui étaient souvent valorisées par l’Etat. Ce n’est sans doute pas un hasard si le mur de Berlin tombe sous le rythme de la chanson The Wall de Pink Floyd, un morceau aux paroles obscures, sinon insignifiantes, que sont incapables de comprendre ceux qui dansent sur sa musique. En dehors de son titre, la chanson n’avait par ailleurs rien à voir avec la situation. On aurait pu tout aussi bien choisir une chanson locale de circonstance, mais la chute du mur signifia l’entrée de l’Europe de l’est dans un occident globalisé qui nie les spécificités locales.
La culture était devenue ainsi une marchandise et, par la même, une incroyable machine à faire de l’argent. Avec Elvis Presley et les Beatles, stars et chanteurs amassèrent désormais des fortunes considérables, tout en se transformant en nababs du système. Pour la première fois, les disques se vendirent par dizaines de millions et devinrent des produits mondialisés. C’étaient aussi des produits éphémères qui ne pouvaient durer qu’un temps car on était rentré dans l’ère de la jeunesse perpétuelle qui doit tuer tout ce qui vieillit. Chaque disque nouveau devait nécessairement rendre les précédents obsolètes ; on était ainsi entré dans une véritable logique capitaliste qui ne dit pas son nom. Certes, l’artiste crache parfois dans la soupe, mais il s’empresse presque aussitôt de déguster cette dernière assaisonnée de dollars et, à quelques exceptions près, il se garde bien de s’attaquer de front à la main (capitaliste) qui le nourrit. En dénonçant EMI, les Sex pistols s’en prenaient à la firme qui les avait rejetés et non à l’industrie du disque en général et l’on peut légitimement se demander s’ils ne furent pas eux-mêmes un produit de marketing. Ceux qui refusent la commercialisation sont condamnés à demeurer inconnus. Le rebelle d’entre les rebelles, Johnny Rotten, l’icône des Sex Pistols, ne manque de rien : entre mars 2013 et mars 2014, il aurait amassé un pactole de 75 millions de dollars. Sa fortune, de plus de 200 millions de dollars, a été investie de façon diversifiée dans des actions, des biens immobiliers, des produits cosmétiques, des restaurants, sa propre marque de vodka, le parfum et la mode. Cela vaut bien quelques crachats et éructations.
En réalité, la révolution fut bien plus culturelle que politique ou économique : on ne remplaça pas les structures fondamentales de la société. On se contenta de réformer ce qui devrait l’être et qui entravait l’expression du « moi » souverain. De l’anarchisme, on ne conserva que le libertarisme et, encore, ce dernier s’était mué en consumérisme.
Nous étions ainsi entrés dans le monde de l’image. Cette transformation, il est vrai, avait été amorcée par les stars du cinéma qui avaient joué un rôle important dans les années 1950. Avec les Beatles, ce phénomène prit des proportions inégalées. Jamais auparavant, des musiciens n’avaient acquis une telle notoriété en si peu de temps. De jeunes garçons, au talent probable, mais non encore affirmé, se mirent, sans coup férir, à amasser des fortunes considérables et se transformer en icônes d’un nouveau mode. La politique, la religion, l’armée ou la philosophie n’étaient soudain plus les lieux d’expression des personnes que l’on admire. La gloire était désormais synonyme d’argent. Le processus avait démarré avec les stars du cinéma, dans les années 1950, et Elvis Presley avait connu ce statut en se muant en que l’on appelait désormais une « idole ». L’importance de ces nouveaux héros était sans commune mesure avec leur production : quelle que soit la qualité de cette dernière, la notoriété des héros des temps modernes excède toute commune mesure. Ils sont aimés non pour ce qu’ils sont et encore moins pour ce qu’ils pensent, mais pour l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes et pour la part de rêve qu’ils offrent. La beatlemania reposait sur une image largement fabriquée qui occultait des aspects importants des personnalités propres. Quand ils finirent par devenir eux-mêmes, ils perdirent une partie de cet engouement irrationnel, hormis peut-être John Lennon que la mort tragique transforma en icône.
La musique, le cinéma et le sport remplaçaient désormais la philosophie, la littérature ou encore la religion en pourvoyeurs de modèles. La capacité à émouvoir surpasse la profondeur de la pensée ou des qualités humaines exceptionnelles. L’avènement des Beatles va consacrer cette ère nouvelle d’où sont absents le saint et le politique. S’il est un aspect politique à l’avènement du show-business, c’est une politique qui ne dit pas son nom ou qui prétend être le contraire de ce qu’elle est : on n’y trouvera jamais un éloge du capitalisme qui le fait vivre. Bien au contraire, on crache souvent dans la soupe ou dans la main pourvoyeuse des immenses fortunes amassées, parfois en quelques mois. Les hommes politiques se mirent désormais à flatter les stars médiatiques et ils s’empressèrent eux-mêmes de remplacer les idéologies par des experts en communication dont ils écoutent docilement les conseils. On voit ces derniers passer de l’un à l’autre au mépris de toute authenticité. Il vaut mieux paraître qu’être.
En ce qui concerne les Beatles, il serait injuste de réduire le succès à une simple question d’image vide de tout contenu. Leurs qualités musicales furent pour beaucoup dans leur incroyable ascension. Mais, en même temps, ils incarnent bien ce passage d’un changement de société, d’une sortie des grandes idéologies et de l’importance croissante des loisirs dans nos vies. Et de l’omniprésence de l’argent.
Cette transformation du monde, après la Deuxième Guerre mondiale, symbolise aussi la volonté des sociétés occidentales de ne plus recourir à la violence et de construire un monde pacifique, libre et démocratique. L’hédonisme consumériste n’accommodait assez mal des idéaux de jadis. Les frontières, autrefois gardiennes des particularismes locaux, firent place à des valeurs universelles dans le cadre d’un processus de mondialisation. En raison de l’hégémonie américaine, la langue anglaise devint le vecteur de cette transformation du monde et la culture un mode privilégié de transmissions des valeurs nouvelles qui étaient largement dictées par les Etats-Unis. En raison de leur langue, les Britanniques purent jouer un rôle (culturel) dans ce nouvel agencement du monde. La conquête de l’Amérique était cependant une étape nécessaire à l’internationalisation de la musique. La culture était devenue un bien économique et l’Amérique contrôlait les circuits de production et de distribution qui devenaient essentiels à toute notoriété. Cette véritable machine de guerre annihilait peu à peu toute production locale. Certes, celle-ci pouvait continuer de survivre, mais elle était condamnée à rester confinée à une seule aire culturelle et/ou linguistique. La chanson française ou le schläger allemand ne pouvaient rayonner en dehors de leur zone linguistique. Dans tous les pays d’Europe, à l’inverse, de nombreuses stations de radios, y compris des chaînes publiques, ne diffusent que de la musique anglo-saxonne. En ce qui concerne le cinéma et la télévision, la mainmise de l’Amérique devint quasiment hégémonique.
Alors qu’il élimine tout sur son passage, ce processus de mondialisation valorise la relativité des valeurs. Ce n’est pas là le moindre des paradoxes. C’est au nom de ce relativisme que la culture, jadis élitaire, a largement été remplacée par une culture plus populaire. Auparavant, la culture impliquait nécessairement une forme de hiérarchie. Le développement du capitalisme, on l’a vu, allait de pair avec un rejet du passé et de la tradition. Le neuf est toujours préférable au passé et il n’y a donc plus d’autre critère que celui de la nouveauté et de l’éphémère. C’est l’avènement d’une certaine forme de nihilisme qui réfute toute valeur. Le nouveau se construit sur les décombres de l’ancien. Rien ne prime que l’autonomie de l’individu qui ne doit rendre de compte à rien ni à personne. En se soumettant à l’hédonisme, la consommation de masse est ainsi liée au narcissisme. Dans le même temps, la production américaine écrase tout sur son passage et uniformise les goûts. Si, dans les années 1970, la musique folklorique connut un certain regain en Europe, ce fut largement un feu de paille dont il ne reste plus de traces aujourd’hui. Ceux qui subsistent sont condamnés à l’anonymat car dans un monde où tout passe par la technologie, les médias et les écrans, on n’existe pas dès lors qu’on n’est pas relayé par ces derniers.
Le succès des Beatles et de la musique pop-rock qu’ils générèrent derrière eux ne constitue en rien un épiphénomène. Il révèle des aspects fondamentaux du monde dans lequel nous vivons et de ce que nous sommes devenus.
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