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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

1926 - La “TRAGÉDIE” du Lac Saint-Jean. (2026)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir du document de Jacques Pelletier intitulé: 1926 - La “TRAGÉDIE” du Lac Saint-Jean. La construction d'un barrage hydroélectrique à l'Île-Maligne inonde des milliers d'acres de terres cultivables tout autour du lac Saint-Jean. Les cultivateurs réclament des compensations. RECUEIL DE DOCUMENTS CONCERNANT CETTE AFFAIRE. Montage: Jacques Pelletier, mars 2026. [Autorisation accordée par l'auteur le 1er avril 2026]

[3]

Introduction

Voici un résumé de ce que contiennent ces documents. Nous vous dirigerons vers des hyperliens extérieurs pour certains d'entre eux. Tous les autres font partie intégrante de ce recueil.

1. Pétition du comité pour la défense des cultivateurs lésés

Daté de 1927 (La date exacte n'y est pas mentionnée), « La" Tragédie" du Lac St-Jean » est une pétition (le Comité parle d'exposé) présentée au gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau alors Premier ministre du Québec par le « Comité de Défense des Cultivateurs Lésés », présidé par M. Onésime Tremblay au nom de 311 cultivateurs parmi ceux qui ont été lésés par l'inondation de 1926.

Source : Vous pouvez retrouver sur la page Facebook de « Riverains "EN COLÈRE" » le document que j'ai utilisé et remanié (voir item 2) pour le rendre plus présentable.

2. Transcription du document original

La mauvaise qualité de numérisation du document original rend sa lecture difficile. C'est la raison pour laquelle je me suis permis de le transcrire. Tout le texte a été conservé. Certaines fautes grammaticales ont toutefois été corrigées (ex : on retrouve le mot " acre " au masculin ou au féminin).

3. Création d'une commission pour indemniser les cultivateurs

[4]

Devant la montée des protestations des cultivateurs et de l'importance que prenait cet événement dans l'opinion publique et à l'Assemblée nationale, une « Commission d'arbitrage du Lac Saint-Jean » a donc été formée pour procéder à l'analyse des réclamations et déterminer le montant des indemnités pour chaque cultivateur qui s'adressait à cette commission. Les décisions des commissaires étaient sans appel.

Sanctionnée le 1er avril 1927 la « Loi concernant la fixation des indemnités exigibles à raison de l'élévation des eaux par les barrages à la Grande Décharge et à la Petite Décharge du lac Saint-Jean. », document dont le Comité fait un court résumé dans son exposé.

4. Témoignage public d'un cultivateur

Le 30 juin 1926, Le Bulletin des Cultivateurs, publie une lettre ouverte du cultivateur Michel Riverain, dans laquelle il décrit la façon dont il a vécu les négociations pour déterminer les indemnités auxquelles il avait droit. Un vrai dialogue de sourd !

5. La commission ne publie aucun rapport

On s'attend à ce qu'une commission, même en 1927, produise et publie un rapport décrivant ses activités et les indemnités. Or il s'avère que la commission n'avait aucune obligation de publier un rapport. Ce que confirme, parmi tant d'autres, les articles suivants :

  • 21 mars 1928 - Progrès du Saguenay. Voir la note à la fin de la liste d'une partie des personnes qui ont réclamé une indemnité.

  • 11 mars 1931 - L'Illustration. Le premier ministre Taschereau confirme qu'aucun rapport n'a été publié.

  • 26 mars 1931 - Le Bulletin des Cultivateurs confirme les propos de Taschereau et effectue une charge en règle contre ce dernier.

  • 12 février 2026 - Afin d'en avoir le cœur net, j'ai effectué une demande auprès de la Bibliothèque de l'Assemblé nationale afin de retrouver le fameux rapport, s'il existe. Réponse : non. Cela veut-il dire qu'on semble avoir effacé toute trace manuscrite ou imprimée relative à cette commission ?

6. Le rehaussement du niveau du lac, on en parle depuis quand ?

Depuis quand parle-t-on de rehausser le niveau du lac Saint-Jean et pour quelles raisons ? Que s'est-il passé :

  • entre le 12 décembre 1922, date de la « concession et d'accord [par le gouvernement du Québec] à la "Quebec Development Compagny, Limited"pour certains travaux à être exécutés sur le lac Saint-Jean, à la Grande et la Petite [5] Décharge » qui permettait à la Compagnie de rehausser le lac à certaines conditions, et

  • le 21 août 1926, date à laquelle la Compagnie avise la population qu'elle veut modifier l'accord en vigueur alors que les travaux de rehaussement sont terminés ?

  • Enfin, vous y trouverez un sommaire de ce qui est démontré dans le livre de Victor Tremblay paru en 1979 et dans le livre de David Massel paru en 2000.

7. La Pointe Langevin

Aujourd'hui encore les effets de ce rehaussement se font sentir un peu partout autour du lac dont, de façon très aigue, à la Pointe Langevin « située au confluent de la rivière Péribonka et de la petite rivière du même nom ». Elle est en train de disparaître nous informe l'Autre Journal. « Rio Tinto, après une phase intense de rencontres avec les notables du coin, a fait connaître son programme pour le renouvellement du décret. La question de l'érosion autour de la Pointe Langevin y brille par son absence. Dire que les résidents sont inquiets est un euphémisme ».

8. Le niveau du lac Saint-Jean à Roberval

Depuis le tout début du XXe on mesure les variations du niveau du lac Saint-Jean à partir d'un point repère au quai de Roberval. Selon le ministère de l'environnement ce point repère est à 96.51 mètres au niveau de la mer et constitue le point zéro pour évaluer les variations de niveau. Nous vous présentons le tableau du niveau mensuel moyen du lac Saint-Jean de 1986 à 2025. Vous constaterez que, pour la période la plus critique pour l'agriculture, soit de mai jusqu'à la fin de septembre, le niveau moyen est de 100.97 mètres alors que le zéro de référence de l'ancienne échelle d'étiage du quai de Roberval se situe à la côte d'altitude géodésique de 96.51 mètres. Il y a donc un rehaussement moyen de 4.46 mètres ou de 13.12 pieds. Journalièrement, le niveau varie. Rio Tinto ne doit cependant pas dépasser 17.5 pieds.

9. Mgr. Victor Tremblay s'en mêle

En 1979, Mgr Victor Tremblay, historien, publie « La Tragédie du lac Saint-Jean », un documentaire de 231 pages. Il est pertinent de souligner que Mgr Tremblay est le fils de Onésime Tremblay qui était justement le président du Comité de défense des cultivateurs lésés. La Société historique du Saguenay est l'éditeur de ce livre. Actuellement on m'apprend que tous les livres édités par la SHS sont numérisés et ne seront pas accessibles au public le temps de valider si les règles concernant les droits d'auteur sont respectées.

Entretemps j'avais pris l'initiative de le numériser en PDF avec recherche. À votre demande, il me fera plaisir de vous le transmettre à des fins d'usage personnel à l'adresse courriel suivante : jacquespelletier5@videotron.ca

[6]

10. La Société historique du Saguenay publie un numéro spécial

La revue Saguenayensia a consacré sa parution de mars-avril 1980 au dossier de la " Tragédie " du Lac Saint-Jean. Elle est disponible en utilisant cet hyperlien.

Saguenayensia vol 22 no 02 1980 complet.pdf

On y retrouve, entre autres,

  • une chronique de l'historien Gaston Gagnon,

  • une présentation du contexte économique d'alors par Robert Lavoie, étudiant en maîtrise,

  • Victor Tremblay nous présente des extraits de son livre,

  • le rapport du frère Marie-Victorin sur les conditions phyto-écologiques d'un terrain inondé,

  • un résumé du président du Comité, M. Onésime Tremblay,

  • un échange de correspondances entre le gouvernement provincial et divers intervenants dans ce dossier,

  • une entrevue de Gaston Gagnon avec M. René Prévost alors surintendant au service des propriétés de la Société d'électrolyse et de chimie Alcan. Quoiqu'il semble avoir lu ce livre en diagonale, on le voit s'acharner sur Mgr Victor Tremblay, tenter de disculper Alcan et démontrer tous les bienfaits économiques que le barrage d'Isle-Maligne a générés dans la région. Peut-on répliquer que ces retombées économiques avérées justifiaient à elles-seules un dédommagement juste et équitable pour les cultivateurs ?

11. Vidéo

Vous voulez visionner plutôt que lire à ce sujet ? Voici une des vidéos produites par l'Office national du film :

Le combat d'Onésime Tremblay - ONF

12. Un recours collectif s'impose

En cette 100e année d'anniversaire de ce triste événement pourrait-on envisager un recours collectif conjointement contre la Quebec Development (maintenant propriété de Rio Tinto) et contre le gouvernement du Québec pour cette appropriation sans droit des terres des riverains ? En valeur actualisée, plusieurs centaines de millions de dollars sont en jeu. Il est évident que cet événement rencontre les trois premières conditions pour qu'un juge autorise l'exercice de l'action collective, soit :

  • L'action des membres du groupe soulève des questions de droit ou de fait identiques, similaires ou connexes  ;

  • Son recours présente une apparence de droit  ;

[7]

  • La composition du groupe rend difficile ou peu pratique une demande en justice où tous les membres du groupe devraient se porter demandeurs ou donner mandat à l'un d'entre eux ;

    Qui parmi vous peut répondre à la quatrième et dernière condition ?

  • Elle est en mesure d'assurer une représentation adéquate des membres du groupe.

Oui, il est très difficile (certains diront impossible) d'obtenir une autorisation pour un événement de plus de 100 ans mais ce n'est pas impossible car, dans le cas qui nous concerne, la documentation est abondante et pourrait être même bonifiée par l'accès aux archives de Rio Tinto et à l'ensemble des dossiers du Gouvernement du Québec.

Le débat est lancé.

jacquespelletier5@videotron.ca

Bonne lecture



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 2 avril 2026 8:46
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 



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