[439]
L’idée de vérité
Table des matières
[J’indique entre parenthèses les divisions du texte original.]
Préface d’Émile Broutoux, Paris, 18 octobre 1905. [v]
Sommaire [1]
Introduction. Délimitation du sujet [3]
Chapitre I. Névrose et Religion [3]
(Lecture I, p. 1-26.)
- Ce livre traite exclusivement de psychologie religieuse, 3. Jugements de fait et jugements de valeur, 4, 5. En fait, beaucoup d'hommes religieux sont plus ou moins névrosés, 5, 6. Exemple : George Fox, 6-8. Nous ne pouvons passer sous silence les aspects pathologiques de la religion, 8, 9. Réfutation de la théorie qui fait dériver la religion de l'instinct sexuel, 9-12. Tous les états de conscience, quels qu'ils soient, ont des conditions organiques, 12. Critique du matérialisme médical, 13, 14. D'où vient la préférence que nous donnons à certains états d'esprit ? Nos trois critères : illumination intérieure, satisfaction logique, fécondité pratique, 15-17. L'origine est le critère favori du dogmatisme ; le matérialisme médical n'est qu'un dogmatisme à rebours, 17, 18. On connaît l'arbre à ses fruits : citation de S'r Thérèse, 19, 20. , Intérêt que présente l'étude des cas pathologiques, 20, 21. Avantages du tempérament de névropathe, quand il s'accompagne d'une intelligence supérieure, notamment dans la vie religieuse, 21-23.
Chapitre II. La Religion comme Fait Psychologique [24]
(Lecture II, p. 26-52.)
- Il est vain de chercher une définition simple de la religion, 24. Il n'existe pas de « sentiment religieux » spécifique, 25. La religion des institutions et la religion intérieure, 26, 27. Nous ne traitons que de la religion considérée comme fait psychologique, 27. Quel est le sens du mot « divin » ? Citations d'Emerson, 28-30. Première détermination du divin : ce qui est premier dans l'ordre de l'être et de la vérité, 30. Cela nous conduit à une définition trop large de la religion. Exemples : Voltaire et Renan, 31-33. Nouvelle détermination : le divin est ce qui nous inspire des pensées sérieuses, graves, solennelles, 33, 34. Mais on ne saurait ici prétendre à la précision mathématique, 34. Il faut étudier les cas extrêmes, 35. Deux manières d'accepter l'univers : stoïciens et chrétiens, 36, Citations de Marc-Aurèle, de la Théologie germanique, de l'Imitation, 37-39. La religion a besoin d'enthousiasme plus que la philosophie, 39. Les saints triomphent de la douleur et de la crainte, 40, 41. Ce qui caractérise la joie religieuse, 42. Fonction biologique de la religion, 43, 44.
PREMIÈRE PARTIE
Les Faits.
Chapitre III. La Réalité de l'Invisible [45]
(Lecture III, p. 53-77.)
- Influence des idées abstraites sur la croyance, 45. Les postulats de la Raison pratique chez Kant, 46, 47. Les Idées de Platon, 48. Exemples d'hallucination où l'on a le sentiment d'une présence objective en dehors de toute sensation ordinaire, 49-53. Le sentiment de l'irréel, 54. Le sentiment de la présence divine. Exemples, 54-62 : Un savant agnostique, 55 ; Lowell, 56 ; un pasteur (collection Starbuck), 57 ; Charles Secrétan, 57, 58 (note) ; témoignages tirés des collections Flournoy et Starbuck, 58-62. Mysticisme et rationalisme, 62-64. L'optimisme et le pessimisme dans la vie religieuse, 64-66.
Chapitre IV. L'Optimisme Religieux [67]
(Lectures IV and V, pp. 78-126)
- Le bonheur est l'objet principal de la vie humaine, 67. Certains individus ont une tendance irrésistible au bonheur, 68. « Ceux ; qui ne naissent qu'une fois et ceux qui naissent deux fois », 69. Protestants libéraux, 70, 71. Walt Whitman, 72. Ce n'est pas un païen, 73. Les Grecs gardaient intactes et distinctes leurs tristesses et leurs joies, 74. L'optimisme systématique, 75-77. Le christianisme libéral en est une manifestation, 77. Optimisme évolutionniste ou méliorisme : exemple, 78-80. La « Mind-Cure » : Origines, 80. Résultats, 81. Doctrine ; élimination de la crainte, 82. Citations : Dresser et Wood, 83, 84. Harnack, 84 (note). Trine, 85. Exemples de guérison, 86-89. La mind-cure est une forme de religion, 89. Sa doctrine du mal, 90. Son analogie avec la doctrine luthérienne du salut par la foi et la doctrine méthodiste de la conversion soudaine. La détente morale, 91-94. La conception de la maladie dans les églises chrétiennes, 95. Les procédés de la mind-cure : Suggestion, 96, 97. Méditation, 97, 98. Le « souvenir de Dieu » chez les catholiques, 99. Citation de Henry Wood, 99, 100. La religion optimiste comparée au positivisme ; la méthode de vérification expérimentale, 101. Derniers exemples de mind-cure, 102, 103. Il y a plusieurs manières possibles d'envisager l'univers et de s'y adapter, 104, 105.
Chapitre V. Les Ames Douloureuses [106]
(Lectures VI and VII, pp. 127-165.)
- Le mal est un fait ; attitude de l'optimisme religieux à l'égard de ce fait, 106. Il faut, pour résoudre l'énigme du mal, renoncer au monisme, 107. Spinoza condamne le repentir, 108. Idées optimistes sur la repentance : Luther, 109 Molinos, 110. Psychologie du pessimisme, 111. Le seuil de la conscience douloureuse varie suivant les individus, 112. Toute vie est une banqueroute : Gœthe, Luther, l'Ecclésiaste, 112-116 Le naturalisme aboutit au pessimisme, 117. Les désespérances dans l'âme antique ; épicurisme et stoïcisme, 118-120. Mélancolie morbide, anhédonie, 121 Gratry, 122. Mélancolie acerbe ; lettre d'un aliéné, 123-125. Le goût de la vie est un don gratuit, 125, 126. Mélancolie religieuse : L'anhédonie de Tolstoï, 127-131 Celle de Bunyan et d'Henry Alline, 132, 133. Exemple de terreur maladive, 134, 135. Le besoin d'un secours surnaturel, 136. Le pessimisme et l'optimisme en face l'un de l'autre ; le problème du mal ne peut être éludé, 136-138.
Chapitre VI. La Volonté Partagée et son Retour à l'Unité [139]
(Lecture VIII, p. 166-188.)
- Condition psychologique de la nouvelle naissance : division de la personnalité, 139. Alphonse Daudet ; Mme Annie Besant, 140-141. Fréquence de cette hétérogénéité chez les névropathes, 141. L'évolution normale du caractère consiste à unifier la vie de l'âme, 142. Combats intérieurs : S'Augustin, 143-145. Henry Alline, 145, 146. La conversion religieuse n'est pas le seul moyen de parvenir à l'unité, 147. Ruine de la foi religieuse chez Jouffroy, 147, 148. Autres exemples, 148, 149. Conversion à l'avarice, 150 à l'absence d'amour, 151. Conversions religieuses : Comment on s'affranchit de la colère et de l'inquiétude, 152-154 À côté des conversions soudaines, il y a les conversions graduelles, 154 : Tolstoï, 155-157 ; Bunyan, 157, 158. La tristesse subsiste en eux, 158, 159.
Chapitre VII. La Conversion [160]
(Lecture IX, pp. 189-216 and Lecture X, pp. 217-258.)
- Stephen Bradley, 160-l63. Analyse psychologique de la conversion, 163-168 : Déplacement du foyer habituel d'énergie personnelle, 165, 166. Métaphores mécaniques, 166, 167. Les émotions explosives, 167, 168. La conversion, selon Slarbuek, est une crise normale de l'adolescence, 168, 169. Le sentiment religieux, selon Leuba, est un sentiment d'imperfection morale, 170. La conversion d'un ivrogne (M. Hadley), 170-172. Certaines personnes ne se convertissent jamais, 173. Deux types opposés de conversion : on veut ou l'on s'abandonne. L'incubation subconsciente des motifs, 174,175. Exemple de conversion volontaire : Finney, 176. L'abandon : sa valeur psychologique et religieuse, 177-180. Conversion de Brainerd, 180-182. Autres exemples, 182, 183. Conversions d'Alline, 183-185 du Colonel Gardiner, 186, 187 de l'ancien étudiant d'Oxford, 187-189 d'Alphonse Ratisbonne, 189-193. Faut-il que toute vraie conversion soit instantanée ? C'est la doctrine des méthodistes, 194. Le revivalism ; citation de Jonathan Edwards, 195. Analyse psychologique de la question ; « le champ de la conscience », 196,197. La conscience subliminale, 198. L'automatisme psychologique, 199. On peut expliquer ainsi bien des cas de conversion soudaine, 200, 201. C'est par ses fruits que nous devons juger de la valeur d'une conversion, 201. Ceux de la conversion instantanée ne semblent pas établir sa supériorité, 202. Son importance est surtout subjective, 203. Les observations du professeur Coe, 204. L'explication par la conscience subliminale n'exclut pas l'intervention directe de Dieu, 205. Dans la conversion, on se sent souvent dominé par une puissance supérieure : Adolphe Monod, 206. « Dieu, dit Luther, est le Dieu des humbles,... de ceux qui sont réduits à rien », 207. Sa doctrine s'adapte à l'intime structure de l'esprit humain, 208. Hudson Taylor, 209. La vraie foi, selon Leuba, est la foi affective, 209, 210. C'est plutôt un sentiment d'assurance ; ses trois principaux caractères : acceptation de la vie, transparence des mystères, 210, métamorphose du monde extérieur ; exemples, 211, 212. Phénomènes d'automatisme, 212. Photismes, 213, 214. Joie débordante : Finney, Billy Bray, 215, 216. La conversion aboutit à la sainteté, 216, 217.
SECONDE PARTIE
Les Fruits.
Chapitre VIII. La Sainteté [219]
(Lectures XI, XII and XIII, p. 259-325.)
- Quels sont les fruits de la vie religieuse ? 219. L'état de Grâce, selon S" Beuve, 220. Impulsions et inhibitions, 221. Émotions qui balayent tout devant elles, 222, 223. L'irascibilité, 224. Le courage, 225. L'enthousiasme, 226. L'émotion exaltée de rame religieuse peut abolir à jamais certaines tentations, 227. Citations de Starbuck, 228. Comparons l'esprit humain à un polyèdre irrégulier, 229, 230. Les diverses formes de la sainteté, 231. 1° La dévotion. Il y a des heures où la beauté de l'existence nous pénètre comme une chaude atmosphère, 232. La dévotion des âmes chrétiennes : Mme Jonathan Edwards et Mme Guyon, 233, 234. 2° La charité : « Aimez vos ennemis », 235. Toute joie, même d'origine pathologique, épanouit l'âme, 236. La charité renverse toutes les barrières : Mme Edwards ; Towianski, 237. Richard Weaver, 238. Le précepte « aimez vos ennemis » est-il applicable ? 239. Amour des lépreux et des malades les plus repoussants, 239-240. 3° La force d'âme : Résignation : Pascal, Lagneau, 240, 241 Sérénité : Mme Guyon, 242 Mépris du danger, enthousiasme intrépide : Mme Guyon, Frank Bullen, Blanche Gamond, 242-244 Concentration de la conscience sur le moment présent : Ste Catherine de Gènes, 244. 4° La pureté, l'harmonie. L'âme rejette ce qui risque de la ternir, 245. Billy Bray renonce au tabac, 245, 246 Fox aux pratiques de la politesse, 247 Elwood aux ornements et aux civilités mondaines, 248 Woolman aux habits et aux chapeaux ayant subi quelque teinture, 249, 250. 5° L'ascétisme : on en peut distinguer six degrés, 251. Il n'est plus guère en faveur, 252. Cependant la plupart des hommes, pour goûter la vie, ont besoin qu'il s'y mêle un peu d'austérité, 253. Exemples d'ascétisme modéré, 254. Ascétisme optimiste (Channing) et pessimiste (Cennick), 254, 255. Le curé d'Ars, 256, L'esprit de sacrifice : Cotton Mather, 257. Ascétisme radical : St Jean de la Croix, 258, 259. Suso, 260, 262. Amour pour la souffranee, 263. 6° L'obéissance, 263. Son utilité l'a rendue méritoire, 264. Glorilication de l'obéissance par Hodriguez, 265 par Ignace de Loyola, 266. La sœur Marie-Claire, 267. 7° La pauvreté, 267. Citation de Rodriguez, 268, 269. Avoir et être, 270, 271. Vers d'Edward Carpenter, anecdote de St François d'Assise, 271, 272. « Ne vous inquiétez pas du lendemain », 273 Antoinette Bourignon, 274-276. L'instinct démocratique, 276. La sainteté laïque : les Simples Notes de Jules Lagneau, 277, 278. Un tel état d'âme ne se laisse pas sonder du dehors, 279.
Chapitre IX. Critique de la Sainteté [280]
(Lectures XIV and XV, pp. 326-378.)
- La méthode empirique ne nous permet de juger les croyances religieuses que d'après nos préjugés, nos instincts, notre bon sens, 280, 281 fruits eux-mêmes d'une évolution empirique incessante, 282. Comment naissent et meurent les croyances et les conceptions religieuses, 282, 283. Citation de Calvin, 283 (note). Dieux d'autrefois, dieux d'aujourd'hui ; l'expérience humaine les juge, 284. Les divinités que nous approuvons sont celles dont nous avons besoin, 285. Empirisme n'implique pas scepticisme, 286. La diversité s'impose dans les opinions religieuses, 287. « Si je repousse le dogmatisme, c'est par attachement à la vérité », 287, 288. Religion personnelle et religion collective. 288. Le prophète s'isole du monde ; citation de Fox, 289. L'église, qui vit de traditions, lapide les prophètes, 290. L'esprit clérical : fanatisme et piété, 291. Les extravagances de la sainteté, 292, 293. Dévotion exagérée, 293-301. Loyalisme du dévot à sa divinité particulière, fanatisme, 294-296. L'état théopathique : Marguerite-Marie Alacoque, 296-298. Ste Gertrude, 299. Ste Thérèse elle-même nous paraît trop « débrouillarde », 300. La pure dévotion, sans autre idéal, ne porte que des fruits inutiles à l'humanité, 301. Excès de renoncement et de pureté, 301-306. Louis de Gonzague, 302-305. La charité n'a-t-elle pas aussi ses extravagances ? 306. Si les saints ne sont guère adaptés à notre monde, du moins ils sont les précurseurs d'un monde meilleur, ce sont des ferments de bonté, 306-308. Exemple de charité chrétienne chez des cannibales convertis, 309. Excès de l'ascétisme ; Pierre d'Alcantara, 310. C'est donner au corps trop d'importance. Mais, dans son sens profond, l'ascétisme est le symbole de l'héroïsme, 311. Et c'est dans l'héroïsme que se trouve le mystère de la vie, 312. L'ascétisme est infiniment supérieur au culte de la richesse, 313. La beauté de la guerre, c'est qu'elle est un héroïsme accessible à tous, 314. Mais la guerre est monstrueuse. L'équivalent moral de la guerre, ne serait-ce pas la pauvreté librement acceptée ? 315. Eloge de la pauvreté, 316. Si l'on cherche du secours, on peut compter sur le saint, 317. Mais il n'est pas impeccable, 318. Le saint comparé à l'homme de proie, 319. Nietzsche hait le saint, 319, 320. Est-ce le saint, est-ce « l'homme fort », qui représente le plus haut idéal ? 320. Le saint est adapté à la société la plus parfaite, 321. En somme, la sainteté est un facteur essentiel du bien-être social, 322. La religion est donc utile ; est-elle craie ? 323.
Chapitre X. Mysticisme [324]
(Lectures XVI and XVII, p. 379-429.)
- Quatre traits caractéristiques des expériences mystiques : Ineffabilité, intuition, instabilité, passivité, 324, 325. Exemples simples et sans portée religieuse, 326-328. L'ivresse, 329. La « révélation anesthésique » ; M. Blood et Xenos Clark, 330-332. Expériences mystiques obtenues par le chloroforme (Symonds) et l'éther (récit d'une Anglaise), 332-334 par certains aspects de la nature : Amiel, Mlle de Meysenbug, 335, Walt Whitman, J. Trevor, 336, 337. Le Dr Bucke et la « conscience cosmique », 337, 338. Mysticisme méthodiquement cultivé comme élément de la vie religieuse : Yoga, 339. Dhyâna, 340. Çoûfïsme : texte d'Al-Gazali, 341-344. Mysticisme chrétien, 345-352. L'oraison ; monoïdéisme demi-hallucinatoire, 345. L'union d'amour, selon St Jean de la Croix, 346. L'oraison d'union, décrite par Ste Thérèse, 347. St Ignace, Jacob Bœhme, 348. Visions de Ste Thérèse, 349, 350. Les fruits de l'extase, selon St Jean de la Croix, 351 et Ste Thérèse, 352. Tendances philosophiques propres au mysticisme. Formules négatives : Denys l'Aréopagite, 353 Eckhart, Bœhme, 354. « C'est Christ qui vit en moi. » Armand-Delille, 355. Unité de l'homme avec Dieu : Oupanichads, Plotin, Gulshen-râz, Suso, Vivekanandà, 356 La vérité mystique se traduirait mieux en musique qu'en paroles, 357. Citation de Swiaburne, 358, Conclusions : 1° Les états mystiques s'imposent à l'intelligence de ceux qui les éprouvent, 359 2° mais non pas à d'autres intelligences ; la pensée mystique elle-même n'est pas unanime, 359-361 ; 3° pourtant elle s'oppose à l'autorité de la conscience purement rationnelle, 361, 362 ; elle nous présente des hypothèses que nos raisonnements ne sauraient renverser, 362, 363.
Chapitre XI. Spéculation [364]
(Lecture XVIII, p. 430-457.)
- Le cœur est la source de la vie religieuse, 364. Mais l'intelligence entre en jeu dans chacune de nos fonctions, 365. La théologie prétend construire a priori l'objet de la religion, 366. Orthodoxes et libéraux, John Caird et le cardinal Newman sont d'accord là-dessus, 367. Mais leurs prétentions sont vaines, 368. Un coup d'œil sur les preuves de l'existence de Dieu, 369. L'ordre et le désordre que nous apercevons dans le monde sont des inventions purement humaines, 370. Les attributs de Dieu : citation de Newman, 371, 372. La pensée de l'homme est intimement liée à sa conduite : Locke, Berkeley, Hume l'ont bien vu, 373. M. Peirce a dégagé ce principe, qu'il appelle le pragmatisme, 374. De ce point de vue, les attributs métaphysiques de Dieu n'ont pas de valeur, 375. Ses attributs moraux en ont une grande, mais ce n'est pas la théologie dogmatique qui peut les démontrer, 376. L'idéalisme philosophique n'y réussit guère mieux, 377. La logique hégélienne s'oppose à la logique de l'identité, 378. Citations de John Caird, 379, 380. La philosophie religieuse doit devenir science des religions, 381, 382.
Chapitre XII. Religion Pratique [383]
(Lecture XIX, pp. 458-484.)
- Rôle du sentiment esthétique dans ia religion, 383 Sécheresse du protestantisme, 384. Catholiques et protestants ne se comprennent pas, 385. Le sacrifice, 385. La confession, 386. La prière, 386-398. C'est l'élément essentiel de la religion pratique ; citation d'Auguste Sabatier, 387, 388. Efficacité de la prière ; une lettre de Myers, 389. Jusqu'où peut aller la confiance en la prière : George Millier, 390-392. Robert Lyde, Hudson Taylor, 393. Une vie conduite par Dieu, selon Hilty, 394. Le contentement du Stoïcien Epictète, 395 des chrétiens libéraux, 396. Impression de vive perfection ; Gratry, Sénancourt, 397. La prière est l'essence même de l'expérience religieuse, 398. Phénomènes d'automatisme chez les plus grands esprits religieux, 399. L'inspiration chez les prophètes hébreux, chez Philon d'Alexandrie, chez Mahomet, 400-402. Joseph Smith, 403. Rapports de la vie religieuse avec la conscience subliminale, 404.
CONCLUSION : Valeur de la Vie Religieuse [405]
(Lecture XX, pp. 485-519 and Postscript, pp. 520-527.)
- Les croyances les plus caractéristiques de la vie religieuse, 405. On ne doit pas vouloir que le principe religieux soit identique dans la vie de tous les hommes, 406. La science des religions ne saurait cependant se substituer à la vie religieuse, 407, 408. La religion est-elle un anachronisme, un cas de survivance ? 409. Sans doute nous trouvons grotesque la théologie naturelle de Wolff, 410 et de Derham, 411 (note). En fait la religion continue les traditions de la pensée primitive, 411 ; or la science moderne rejette le merveilleux, 412 dont nous trouvons des exemples étourdissants chez Hérodote, Aristote, St Augustin, 413 et Van Helmont, 414. Aujourd'hui encore, la religion s'attache aux aspects colorés et dramatiques de la réalité, 415. Mais l'attitude impersonnelle qu'exige la science a quelque chose de superficiel, 416. La réalité concrète se compose exclusivement d'expériences individuelles, 417. La science n'a pas le droit de rejeter la personnalité, ni le sentiment qui en est la base, 418. La philosophie cherche donc en vain à expulser la religion, 419. Minimum essentiel des croyances religieuses, auquel viennent s'ajouter les surcroyances individuelles, 420. Rôle biologique de l'émotion religieuse, 421. La religion, n'eût-elle qu'une valeur toute subjective, n'en serait pas moins une fonction biologique des plus importantes, 422. Il y a deux états d'âme identiques dans toutes les religions : la même inquiétude, la même délivrance, 423. L'homme religieux sent en lui quelque chose de PLUS GRAND que lui, 424. Quel est ce PLUS GRAND ? Ici les théologies font éclater leurs divergences, 425. Notre hypothèse est que, pour autant qu'il réside en l'homme, le plus GRAND fait partie du moi subconscient, 426. Ce qu'il est au-delà des limites de l'être individuel fait l'objet des diverses sarcroyances, 427 qui toutes peuvent avoir leur raison d'être, 428. Surcroyance propre à l'auteur, 429-437. Dieu existe, puisque son action est réelle, 429. La fonction religieuse est l'affirmation de nouvelles réalités, 430. Supranaturalisme grossier et supranaturalisme raffiné ; c'est le premier que nous adoptons, 431. Si Dieu existe, cette existence doit changer quelque chose au détail de la réalité, 432. Quels sont ces changements ? C'est avant tout l'intervention d'une force supramondaine dans l'expérience du croyant qui prie son Dieu, 433. Faut-il, avec la plupart des croyants, ajouter à cela l'immortalité personnelle ? 433, 434. Dieu est-il nécessairement « unique » et « infini » ? 434. Cette affirmation du philosophe et du mystique n'est confirmée ni par l'expérience religieuse, ni par le bon sens, 435. Le pragmatisme est la meilleure attitude à l'égard de la religion, 436. Toute l'expérience humaine nous pousse à sortir des étroites limites où prétend nous enfermer la science, 437.
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